Les membres du comité de politique monétaire de la BoE sont plus divisés que prévu
Les minutes du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) publiées hier ont surpris plus d’un analyste en révélant des banquiers centraux plutôt divisés sur la politique d’assouplissement quantitatif. Début février, le comité avait décidé de racheter 50 milliards de livres d’obligations d’Etat supplémentaires sur trois mois, pour porter le montant total de titres acquis depuis le début de l’année 2009 à 325 milliards de livres ou 20% du PIB.
D’un côté, «les faucons semblent être moins à l’aise avec un nouvel assouplissement», soulignent les analystes de RBS. Les minutes révèlent en effet que «pour certains membres du comité, la probabilité que l’inflation excède la cible [de 2%] est un peu supérieure à celle annoncée dans le rapport sur l’inflation de février et il serait défendable de maintenir la politique monétaire en l’état». Selon la BoE, l’inflation est tombée à 3,6% en janvier et devrait continuer à baisser pour atteindre 1,8% d’ici deux ans.
Cependant, les doutes des faucons ne se sont pas traduits lors du vote puisque sept membres ont voté pour une augmentation du programme de 50 milliards de livres. En revanche, David Miles s’est rallié à Adam Posen, habituel défenseur de l’assouplissement quantitatif. Tous deux ont voté contre et proposé d’augmenter le programme à 75 milliards de livres. Et ce, même s’il «peut paraître un peu curieux d'être convaincu de l’impact d’un rachat de 50 ou 75 milliards de livres, compte tenu des incertitues qui existent sur la transmission de l’assouplissement quantitatif à l'économie réelle», note David Tinsley, économiste chez BNP Paribas. Les plus conservateurs des banquiers ont fait valoir que les indicateurs macroéconomiques aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne étaient plutôt encourageants, que l’injection de liquidités à trois ans de la BCE avait apaisé les tensions sur le marché bancaire et que l’inflation pourrait persister.
Surtout, ils ont avancé que si la Banque augmentait son programme au-delà des attentes, le marché pourrait y voir une alerte sur la croissance. Les membres les plus accommodants ont, quant à eux, soutenu que la réduction des bilans risquait de peser sur l’économie et que la demande pourrait rester déprimée longtemps. Face à ces débats, les analystes restent divisés sur la probabilité d’une nouvelle extension du programme en mai.
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