Les marchés se résignent à l’entrée dans un cycle de remontée des taux
Depuis de longs mois, le retour dans un long cycle de hausse des taux est la grande crainte des marchés.
Or après la publication des chiffres de l’emploi américain pour janvier, il devient difficile de nier que le retournement est bien engagé et qu’il s’accélère.
L’élément nouveau tient à la résurgence de la pression salariale sur l’inflation : la hausse du salaire horaire aux Etats-Unis a atteint 2,9% en janvier, son niveau le plus élevé depuis 2009.
C’est le résultat d’une création d’emplois toujours forte, de 200.000 le mois dernier.
La célèbre courbe de Phillips, qui décrit la relation inversée entre le taux de chômage et l’inflation, n’est donc pas encore à jeter aux oubliettes de l’histoire économique.
Nombre d’économistes finissaient par se demander si elle n’était pas simplement cassée.
Le résultat, c’est une forte tension sur les taux longs, avec pour corollaire le recul des bourses. A 2,837%, le rendement de l’emprunt fédéral à 10 ans a gagné plus d’un demi-point en deux mois.
Par contagion, les taux européens se tendent aussi, français et allemands à l’unisson. La poussée est à peine moins forte qu’aux Etats-Unis.
Les historiens remarqueront que le point bas des taux dans le monde développé date déjà de l’été 2016.
Mais son accélération récente est flagrante, sous l’influence de la réforme fiscale de Trump et de la reprise à l’œuvre partout dans le monde.
Le mouvement n’est pas porteur que de bonnes nouvelles pour les marchés, ni pour les emprunteurs y compris les Etats cigales comme la France.
Mais il peut aussi avoir des avantages : le pari à sens unique de jouer l’euro contre le dollar est à revoir.
La forte hausse du dollar vendredi le montre. La BCE ne s’en plaindra pas.
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée