Les marchés russes bénéficient d’une période d’accalmie

Le rouble s’est repris de 20% contre dollar et 34% contre euro, avec une détente du rendement à 2 ans des titres en dollars de 380 pb sur 2015.
Patrick Aussannaire

Les marchés russes corrigent une bonne partie de leurs excès. Après avoir connu un épisode de chute libre au cours du deuxième semestre 2014 avec une parité contre dollar qui a presque doublé, le rouble s’est ensuite repris de 20% depuis son plus bas atteint mi-janvier pour signer la meilleure performance depuis le début de l’année.

La devise a même regagné 34% contre euro depuis mi-décembre, avec une chute de la volatilité implicite à un mois à 23% contre euro et dollar après avoir dépassé les 70% en janvier. Un niveau qui reste néanmoins supérieur à sa moyenne de long terme, d’environ 15%.

Sur le marché de la dette, le rendement des obligations d’Etat en dollars s’est détendu de 260 pb depuis début février pour revenir à 4,66% sur la partie 10 ans, et de 380 pb sur le 2 ans à 2,20%, alors que les CDS 5 ans ont chuté de 300 pb pour revenir à 334 pb. «La stabilisation des cours du pétrole, du dollar, des taux longs américains, et la baisse des taux directeurs de la banque centrale russe (CBR) ont contribué à la forte hausse des obligations, très attractives en termes de valorisation. Cela s’est ainsi traduit par une forte performance des stratégies de carry trade», explique Natixis.

Malgré la hausse de l’inflation à un record de 17,1%, la gouverneure de la CBR, Elvira Nabiullina, a indiqué que le taux devrait ralentir fortement et que le cycle d’assouplissement monétaire devrait ainsi se poursuivre. La facilité de prêts en devises a aussi permis de faire revenir le taux Ruonia à 3 mois à 13,8%. Il était monté à 26,4% en janvier. Elvira Nabiullina a également mis l’accent sur la baisse des remboursements de dette extérieure dans les mois à venir, qui permet aux entreprises de ralentir leur accumulation de dollars, et sur la vente plus régulière des revenus en devises par les exportateurs.

La stabilisation des prix du pétrole a permis une amélioration de l’excédent extérieur à environ 15 milliards de dollars sur janvier et février. Un niveau suffisant pour couvrir les 115 milliards de sorties de capitaux anticipés par la CBR cette année, alors que les flux de portefeuille des non-résidents commencent même à redevenir positifs. SG CIB rappelle néanmoins que la Russie reste «vulnérable à une nouvelle correction des prix du pétrole» et anticipe une baisse des réserves de change du pays de 74 milliards de dollars cette année, à 310 milliards, dont 33 milliards liées aux opérations de prêts en devises de la CBR.

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