Les marchés obligataires essuient leur plus lourde perte depuis 2010
Coup de froid sur les marchés obligataires mondiaux. Depuis le début du mois d’août, ils ont déjà encaissé leur plus grosse perte mensuelle depuis 2010. Pour preuve, l’indice mondial de performance obligataire «global broad market index» établi par Bank of America Merrill Lynch a décliné de 0,64% ce mois-ci. C’est le plus fort repli depuis le mois de novembre 2010 (-1,09%).
Ce baromètre englobe à la fois les titres d’emprunts étatiques, les obligations d’entreprise, la dette immobilière, et les produits dérivés actions, taux et devises («fixed income assets»). Dans le même temps, le retour sur les investissements en actions s’est chiffré à +2,9% dans un marché moins liquide et moins volatile.
Depuis la fin du mois de juillet, les investisseurs ont tendance à se détourner des marchés obligataires pour se reporter vers les marchés d’actions devenus plus attractifs dans l’attente d’une action de la Banque centrale européenne. Ils ont aussi fait bon accueil aux chiffres de croissance meilleurs que prévu en Allemagne et atones en France au deuxième trimestre.
Vendredi, le rally s’est poursuivi sur les principales places boursières européennes, leur permettant même de retrouver leur niveau d’il y a cinq mois. Les marchés ont été rassurés par les propos de la chancelière allemande Angela Merkel qui a déclaré que la politique décrétée par la BCE pour défendre la zone euro était «tout à fait conforme» à la ligne suivie par les dirigeants européens, laissant ainsi augurer davantage de coordination en matière de gouvernance.
Mais la situation reste fragile, et la récession frappe à la porte de la zone euro. Après un repli de 0,2% de l’activité au deuxième trimestre, et une croissance nulle au premier, les économistes estiment que la zone euro, plombée par les pays du Sud, va s’enfoncer dans la récession et ne devrait pas retrouver le chemin de la croissance avant 2013.
Plus grave encore, c’est l’économie mondiale qui est prise en tenaille. Les économistes de Morgan Stanley ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance en Chine et aux Etats-Unis. La pression pèse plus que jamais sur les épaules de la BCE attendue au tournant lors de sa réunion du 6 septembre. Elle ne peut pas se permettre de décevoir.
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