Les marchés obligataires asiatiques restent à la merci d’une crise mondiale
La Banque asiatique de développement (BAD) a tiré dans un rapport la sonnette d’alarme concernant les marchés obligataires asiatiques. Leur dynamisme n’est en effet selon l’institution pas dénué de risques, issus en premier lieu d’une dépendance jugée excessive envers les capitaux étrangers.
Les économies de la zone (le document couvre la Chine, Hong Kong, l’Indonésie, la Corée du Sud, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam) doivent se prémunir contre l’impact d’une contagion d’une crise mondiale, qui pourrait trouver sa source dans une absence de réponses durables à l’épineux dossier de l’équilibre budgétaire au Congrès américain ou dans les réponses apportées par Pékin au ralentissement de la croissance.
La perte de confiance envers le couple rendement-risque jugé attractif de ces marchés (dont la performance atteint 8,2% en 2012 contre 2,1% aux Etats-Unis et 7,1% en Europe selon les indices HSBC et BoA) pourrait ainsi révéler le caractère volatil de flux de capitaux qui constituent aujourd’hui une part importante du financement des économies.
La BAD chiffre à 6.200 milliards de dollars le marché régional de la dette en monnaies locales à fin septembre, en hausse de 3,5% sur un trimestre et de 11,0% sur un an. Sur cette dernière période, la dette publique a progressé de 7,8% à 4.100 milliards, un rythme bien plus sage que celui de 17,6% des titres d’entreprises (à 2.100 milliards). La BAD souligne qu’en dépit d’évolutions nationales contrastées, la part détenue par les étrangers a progressé, jusqu’à 29,7% en Indonésie ou 28,5% en Malaisie.
Afin de prévenir la répétition des turbulences de la crise de 1998, les pays asiatiques ont depuis lors constitué d’importantes réserves de change. Elles pourraient toutefois être insuffisantes. En mai dernier, treize pays (Japon, Chine, Corée du Sud et les dix membres de l’Asean) sont ainsi convenus de doubler à 240 milliards de dollars le volume de leur pot commun de devises étrangères.
Mais le cas échéant chaque pays ne pourra prélever que 30% de ses besoins auprès du fonds et devra négocier le solde auprès du FMI.
Or, ce dernier avait dû prêter plus de 100 milliards à l’Indonésie, à la Thaïlande et à la Corée du Sud lors de la grande crise asiatique. «Il faut réduire autant que possible ce niveau de 70%» clame Iwan Azis, responsable du bureau d’intégration économique de la BAD.
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