Les marchés ne veulent pas forcément voir disparaître le «trading haute fréquence»

Les acteurs présents à la conférence organisée hier par Knight Capital ne se sont pas montrés hostiles, mais prônent un contrôle accru
Fabrice Anselmi

A la question «comment définir le trading haute fréquence (HFT)?», «ce sont des traders qui vont plus vite que nous», a simplement répondu Mark Northwood, responsable mondial du trading actions pour Fidelity Investment Manager.

La conférence était organisée par le spécialiste Knight Capital, dont le directeur général en Europe, Kee-Meng Tan, a d’abord tenté de «démystifier» la pratique. Il a rappelé que «le HFT est un outil technologique qui réduit les temps et marges d’exécution, ajoute de la liquidité, augmente l’efficience des cours, etc.» Et non pas «une stratégie qui s’appuie sur des pratiques abusives ou de l’effet de levier, tout en participant à accroître la volatilité intrinsèque des marchés et donc le risque systémique».

Si les intervenants présents ont rappelé que le HFT n’avait pas été à l’origine du «flash crash» du 6 mai 2010 aux Etats-Unis, ils ont globalement prôné un contrôle accru des «stratégies» qui peuvent en découler.

A l’image de Carlo Comporti, ancien secrétaire général de l’Autorité européenne des marchés (Esma) aujourd’hui conseil chez Promontory Financial: «L’innovation technologique est positive si on en maîtrise les enjeux, à commencer par l’intégrité et la stabilité des marchés. Il faut pour cela que le régulateur ait les moyens de mieux comprendre et d’agir de manière efficace», a-t-il ajouté en faisant référence au futur règlement Abus de marché et à la révision de la directive MIF (Marchés d’instruments financiers), pour laquelle la proposition de la Commission d’obliger les traders algorithmiques à être «teneurs de marchés» en continu «est très critiquable».

Pour Charles-Albert Lehalle, responsable de l’équipe quantitative de CA Cheuvreux, «les traders HFT ont été en Europe, avec leur activité de ‘teneurs de marché’ notamment, un pont nécessaire entre les différentes plates-formes nées de la fragmentation liée à la MIF. Mais pour maîtriser cette pratique, il faut que le régulateur se préoccupe de pouvoir agir à volonté sur la taille des ‘pas de cotation’, parfois en revenant en arrière via une augmentation, en fonction de la liquidité recherchée sur les plates-formes et les valeurs.» En résumé, le «trading haute fréquence» a en quelque sorte «les défauts de ses qualités»: en agissant très vite, parfois en microsecondes, il envoie un nombre considérable de signaux qu’il peut être coûteux d’essayer de capter pour le marché comme pour le régulateur...

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