Les marchés ne sont pas responsables de la hausse des matières premières
Les matières premières sont dans la ligne de mire. Dans un rapport, le Centre d’analyse stratégique (CAS) met les marchés financiers hors de cause dans le procès qui leur est fait d’avoir alimenté la volatilité des prix de ce marché et leur impact sur l’économie réelle. Le rapport estime ainsi qu'«aucune preuve de la responsabilité des marchés à terme, et plus particulièrement des opérateurs financiers, dans la hausse des prix de 2007-2008» n’a pu être avérée. Nombre d’économistes estiment même que la hausse des cours a permis aux pays occidentaux d’éviter la déflation.
En outre, si le CAS estime que «les pays en développement sont de loin les plus touchés par la volatilité des cours des matières premières», les mesures de contrôle de l’offre et des ressources naturelles dans ces pays dans un contexte de forte hausse de la demande sont largement responsables de l’envolée des cours et de ses conséquences sur le pouvoir d’achat des ménages. En cause notamment, la hausse du prix des matières premières agricoles, alors qu’un tiers à la moitié des revenus des ménages des pays émergents sont consacrés aux dépenses alimentaires. Les facteurs climatiques, tels que les intempéries en Australie, gros pays exportateur de charbon et de minerai de fer, ajoutent aux tensions sur les prix à court terme.
Dans ce contexte, la hausse des prix des matières premières est-elle un phénomène de court terme lié à une réallocation temporaire des portefeuilles ainsi qu’au programme d’assouplissement des politiques monétaires (QE) de la Fed ou bien marque-t-elle une réelle tendance de long terme liée à l’essoufflement de l’innovation technologique ? La société de gestion GaveKal livre deux conditions pour une détente des prix: le desserrement des tensions sur l’offre et la baisse du coût marginal de production, favorisée jusqu’à présent par les innovations technologiques.
Le CAS propose ainsi de favoriser la transparence sur ce marché et privilégie des solutions de long terme à la volatilité ayant «pour objectifs une augmentation de l’offre (hausse de la productivité, innovation) et une diminution de la dépendance aux importations». Le développement des énergies renouvelables, la normalisation de la politique de la Fed et le recentrage de croissance chinois vers le développement de la demande interne devraient permettre une détente des prix, selon GaveKal.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway met un terme à l’augmentation continue de sa trésorerie
Le groupe cofondé par Warren Buffett a nettement accéléré le rythme de ses rachats d’actions et de ses investissements depuis le printemps dernier. -
Plus patrimoniale, l’assurance vie poursuit son irrésistible aristocratisation
La grande bascule de l’assurance vie vers la gestion patrimoniale s'accélère. Porté par des versements records au premier semestre 2026, le placement phare des épargnants accentue sa montée en gamme, tirée par une clientèle aisée en quête d'allocations plus sophistiquées. Après les années de démocratisation alimentée par les bancassureurs, cette tendance redessine en profondeur l'équilibre entre fonds euros et unités de compte. -
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
Sans filtrePrésidentielle : le RN face à ses maires francs-tireurs
A huit mois de la présidentielle, le RN cherche à gommer ses irritants. Mais ses nouveaux maires, eux, semblent avoir gagné une liberté qui pourrait bien compliquer la stratégie de Marine Le Pen au niveau national -
EditoGérald Darmanin, l’affaire Lyhanna et le boomerang
Le courrier explosif que le ministre de la Justice a adressé à Laurent Nuñez, énumérant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences sexuelles sur mineurs, pourrait bien se retourner contre lui -
Main dans la mainL'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont-ils créé une Otan du Moyen-Orient ?
Avec leur accord de défense mutuelle signé à La Mecque, les trois puissances veulent renforcer leur pouvoir de dissuasion