Les marchés ne croient plus au risque de contagion à l’Espagne
Après les sauvetages de la Grèce et de l’Irlande, les marchés s’étaient systématiquement demandé «à qui le tour?» et avaient parié sur un appel au secours de l’Irlande puis du Portugal. La logique a changé. Une semaine après la demande d’aide de Lisbonne aux autorités européennes et au FMI, les opérateurs n’ont pour l’instant pas fait de nouveaux paris, ni sur l’Espagne, ni sur l’Italie.
«L’Espagne n’est pas un problème», ont déclaré les ministres des Finances français et allemand, Christine Lagarde et Wolfang Schauble, en fin de semaine dernière. Fait nouveau, les investisseurs partagent pour le moment le point de vue des politiques. «Selon nous, dès maintenant, cela (la crise de la dette souveraine, ndlr) s’arrête avec le Portugal», a estimé le directeur des investissements d’Allianz Nikhil Srinivasan vendredi dernier.
Le sentiment est identique chez BNP Paribas. «Nous estimons que la fameuse question "à qui le tour?» n’est plus valable (…) Nous distinguons nettement la situation des trois petits pays périphériques de celle de l’Espagne et de l’Italie», explique Ioannis Sokos, stratégiste taux de la banque de la rue d’Antin dans une note du 7 avril. Même le patron du fonds spéculatif Paulson & Co, John Paulson, croit à l’accalmie. «Sur la crise de l’euro, je pense qu’elle est limitée à la Grèce, l‘Irlande et le Portugal et je suis plutôt optimiste sur le plan de stabilisation mis en œuvre», a-t-il déclaré hier dans une interview aux Echos.
Sur le marché de la dette, l’Espagne a en effet pris un chemin très différent de celui du Portugal depuis début février. Le rendement des Bonos s’est légèrement tendu de 14 points de base (pb) à 5,2% alors que celui des obligations souveraines portugaises a bondi de 174 pb à 8,6%. La dette d’Etat espagnole affiche d’ailleurs la meilleure performance au sein de la zone euro depuis le début de l’année, resserrant son écart avec le Bund. La corrélation entre les dettes des pays aidés par l’Europe et celles de l’Espagne et de l’Italie est à présent beaucoup plus faible qu’au moment des sauvetages de la Grèce et de l’Irlande, ajoute BNP Paribas.
La différenciation est encore plus notable sur le marché des dérivés de crédit. Les CDS sur l’Espagne se sont resserrés de 18 pb à 199 pb depuis début février tandis que le coût de la protection contre le risque de défaut de l’Etat portugais s’est tendu de 152 pb à 539 pb.
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