« Les marchés entrent dans une séquence propice à une consolidation temporaire »
L’Agefi: Après le rally des actions depuis la fin de l’été 2010, quelle est aujourd’hui votre positionnement ?
Vincent Treulet: La hausse des derniers mois s’explique par des données économiques correctes (les économies occidentales restent en croissance lente, mais sans signe de faiblesse supplémentaire), les publications de résultat du troisième trimestre, mais aussi et peut-être principalement par l’anticipation du quantitative easing de la Réserve fédérale. Or, maintenant qu’il a été annoncé, nous pensons que les marchés entrent dans une nouvelle séquence, propice à une consolidation temporaire.
Quelles en seraient les raisons ?
D’une part, les marchés recommencent à prendre en compte des problèmes qui avaient été occultés par la focalisation sur le quantitative easing : le regain de tension sur les périphériques de la zone euro en est un. Il pourrait y en avoir d’autres, par exemple le coût aujourd’hui mystérieux pour les banques américaines du « scandale » de la titrisation. D’autre part, après avoir réagi à la perspective du quantitative easing sous l’angle des flux qu’il allait impliquer et de l’objectif de la Fed de gonfler les prix d’actifs, les marchés vont s’intéresser à son impact réel sur l’économie et à ses conséquences. Or son impact sur l’économie réelle devrait être assez marginal, selon nous. Quant aux conséquences, elles sont loin d’être toutes positives puisque c’est une politique non coopérative qui a des répercussions sur le reste du monde : baisse du dollar, accélération de flux de capitaux qui peuvent être déstabilisants vers les pays à croissance plus forte et taux plus élevés.
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