Les marchés encaissent le choc du «non» grec
La large victoire du «non» organisé en Grèce dimanche sur le plan des créanciers du pays n’a provoqué qu’une correction modérée des marchés financiers en Europe lundi matin. Vers 13 heures, les principaux indices actions perdaient moins de 1,5%, à l’image du CAC40 (-1,35%). Sur le marché obligataire, les taux italiens et espagnols à 10 ans se tendaient de 10 pb et ceux du Portugal de 15 pb, un écartement inférieur à celui enregistré lundi 29 juin après l’annonce de la tenue du référendum. L’OAT et le Bund se détendaient de 1,7 pb et 5,5 pb.
Les réactions ont commencé à affluer des grandes capitales. Première surprise, Yanis Varoufakis a annoncé lundi matin qu’il démissionnait de son poste de ministre des Finances à la demande du Premier ministre Alexis Tsipras. Dans un communiqué publié sur son blog, il dit avoir été «informé d’une certaine préférence» de plusieurs membres de la zone euro pour son «absence» aux réunions des ministres des Finances. Sa démission a été perçue comme un signal constructif envoyé par la Grèce.
A Berlin, le gouvernement «prend acte du vote ‘non’ et le respecte», a dit son porte-parole Steffen Seibert, ajoutant que l’Allemagne restait ouverte à des discussions sur l’aide financière à Athènes. «Toutefois, à la lumière de la décision des citoyens grecs, les conditions pour entamer des négociations sur un nouveau programme d’aide ne sont pas encore réunies», a-t-il ajouté. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, a quant à lui estimé que le «non» creuse le fossé entre la Grèce et les autres pays de la zone euro. Il a ajouté que le gouvernement grec «a été incapable d'élaborer une stratégie crédible pour la croissance».
Le ton est un peu différent en Europe du Sud. L’Espagne est prête à ouvrir des discussions sur un troisième plan d’aide à Athènes, a déclaré lundi le ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos, tout en disant privilégier des mesures de soutien à la croissance plutôt qu’une réduction de la dette grecque. En Italie, Sandro Gozi, sous-secrétaire aux Affaires européennes et réputé proche du Premier ministre Matteo Renzi, a déploré un «dialogue de sourds», dont il attribué la responsabilité aussi bien à Athènes qu’aux créanciers du pays. «Chacun doit faire un effort pour comprendre le point de vue de l’autre», a-t-il insisté.
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