Les marchés émergents tirent la croissance de Pernod Ricard
«Pas de commentaire.» Patrick Ricard, PDG de Pernod Ricard, s’est refusé d’en dire plus sur la vodka Absolut, mise en vente par le gouvernement suédois à la fin de l’année dernière, tout en assurant que Pernod Ricard sera toujours présent dans la consolidation du secteur.
En attendant, fort de l’accélération de sa présence dans les marchés émergents et de la montée en puissance de ses marques, Pernod Ricard (+2,1% à 72,43 euros) a enregistré une «progression historique de son activité» sur son premier semestre 2007-2008. Les pays émergents ont affiché une croissance organique de 25%, et même davantage en Chine (+31%), en Inde (+49%) et en Russie (+51%). Ils représentent désormais 30% des ventes du groupe, «proportion qui pourrait rapidement atteindre 50% au regard du taux de croissance de ces pays», confie Emmanuel Babeau, directeur général adjoint finances de Pernod Ricard. Si le groupe se refuse à dévoiler la marge opérationnelle dégagée par la zone émergente, elle reste supérieure aux 26% affichés par le groupe, en hausse de 0,7 point. Quant aux marques du Top 15, elles ont généré plus de 70% de la croissance interne du semestre. Une performance qui justifie l’accélération des investissements publi-promotionnels (+11,1% à 623 millions d’euros sur le semestre).
Porté par ces résultats, Pernod Ricard relève son objectif de croissance du résultat opérationnel courant sur l’exercice 2007-2008 à «au minimum 12%» à données comparables, contre «autour de 12%» espéré auparavant. Un objectif qui peut paraître prudent, alors que cette hausse a été de 15,3% au premier semestre. L’incertitude demeure sur les Etats-Unis, même si le groupe ne relève pas de ralentissement particulier.
L’effet devises (dollars et monnaies liées) a coûté 49 millions de résultat opérationnel courant sur le semestre et devrait peser sur l’ensemble de l’exercice «dans le haut de fourchette de 80 à 90 millions d’euros», précise Emmanuel Babeau. Le coût moyen de la dette reste stable à 5%. Et avec 61% de dette variable ou ‘capée’, le groupe compte bien bénéficier de la baisse des taux américains.
Sur son premier semestre clos le 31 décembre 2007, Pernod Ricard a dégagé un résultat net part du groupe de 588 millions d’euros (+17,7%), pour un résultat opérationnel courant de 966 millions (+9%) et un chiffre d’affaires de 3,7 milliards (+5,9%).
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