Les marchés dubitatifs devant le plan de sauvetage d’Ambac
Le deuxième rehausseur de crédit américain a annoncé qu’il levait 1,5 milliard de dollars en actions et en titres convertibles en capital
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Bruno Sillard
Le plan était attendu, dans la soirée. Ambac Financial Group, deuxième rehausseur de crédit américain, a annoncé mercredi son intention d'émettre pour au moins 1,5 milliard de dollars en actions et en titres convertibles en capital afin de recapitaliser sa principale division de rehaussement, menacée de déclassement par les grandes agences de notation crédit. Ambac a indiqué que sa recapitalisation passerait notamment par l'émission d’au moins un milliard de dollars d’actions ordinaires. Un groupe de banques, Credit Suisse, Citigroup, Bank of America et UBS, s’est penché au chevet du rehausseur. Plus tôt dans la journée, la cotation d’Ambac Financial Group avait été suspendue sur le New York Stock Exchange. Au moment de la suspension, le titre gagnait 63 cents, soit 5,9%, à 11,35 dollars.
Ambac est forcé de trouver des capitaux frais pour maintenir ses ratios face au risque de montée des pertes liées à l’assurance de produits tels que des prêts immobiliers subprime titrisés. Malgré cette décision, les agences Standard & Poor’s et Fitch ont prévenu qu’elles risquaient toujours d’abaisser leur note sur Ambac. Toutefois, en cas de succès de la recapitalisation, S&P a tenu à preciser qu’elle confirmerait probablement sa note «triple A». Fitch avait dégradé Ambac Assurance de AAA à AA le 18 janvier dernier. Moody’s, quant à lui, maintiendra sa note Aaa en cas de succès de l’opération financière.
Le rehausseur estime que cette levée de capitaux devrait renforcer sa base. Le groupe précise qu’il arrêtera de garantir différents types de produits structuré à risques comme les CDO et les produits MBS. Les restrictions d’activité incluent aussi les crédits automobiles et les cartes de crédit.
Mais l’annonce de mercredi a été très mal accueillie, les opérateurs estimant que le groupe avait besoin de bien plus pour maintenir sa notation. «Ce pourrait ne pas suffire à maintenir sa notation à long terme, et sans ce triple AAA, Ambac ne peut maintenir d’activités rentables. De plus la vente de titres va être dilutive», a commenté Marc Pado, de Cantor Fitzgerald cité par l’AFP. Hier vers 21h, le titre dévissait de 13,53%, entraînant dans son sillage le numéro un du secteur, MBIA (-4,24%).
Ambac n’a pas fait référence mercredi à une éventuelle scission en deux de ses activités, pour séparer la partie la moins risquée de son portefeuille - les obligations émises par les collectivités locales américaines.
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