Les marchés de taux intègrent progressivement les annonces de la Fed
Malgré des conditions économiques moins favorables aux Etats-Unis, la Fed ne faiblira pas sur le rythme d’extinction de son programme de rachats d’actifs, et entamera même la sortie de sa politique de taux zéro plus tôt que prévu. Tel est le paradoxe apparent qui est ressorti de sa réunion de mercredi. En réponse à une question sur le calendrier de la première hausse des taux directeurs après la fin du «tapering», Janet Yellen a fixé pour la première fois un ordre de grandeur temporel faisant référence «d’environ six mois, dans cet ordre-là».
Une phrase qui suggère une fin de sa politique monétaire accommodante dès avril 2015, et qui coïncide avec le renforcement du poids des «faucons» au sein du FOMC. Le nombre des membres de la Fed désirant une hausse des taux en 2015 est ainsi passé de 7 en décembre à 10. Les minutes de la réunion de janvier avaient déjà fait ressortir des divergences importantes entre faucons souhaitant une remontée des taux directeurs «assez rapidement», et colombes s’inquiétant des derniers chiffres économiques et souhaitant un ralentissement du rythme de «tapering» actuel de 10 milliards de dollars par réunion.
«Les investisseurs ont interprété les commentaires de Janet Yellen comme une volonté plus ferme du FOMC d’un resserrement monétaire plus rapide qu’exprimé précédemment», explique Citigroup. Le contrat à échéance décembre 2015 a gagné 15 pb pour intégrer désormais deux hausses de 25 pp sur l’année prochaine. Les membres du FOMC anticipent de leur côté désormais en moyenne des taux directeurs à 1% fin 2015 (contre 0,75% précédemment), et à 2,25% fin 2016 (contre 1,75%).
«L’idée est d’annoncer très longtemps (plus d’un an) à l’avance cette hausse des taux afin que les investisseurs l’intègrent progressivement, rendant un krach obligataire peu probable», estime néanmoins Aurel BGC. Ce rythme de resserrement qui reste contenu puisque ces prévisions suggèrent des taux hausses totales de 175 pb sur 20 mois d’ici fin 2016, soit un rythme de 25 pb tous les trois mois.
Janet Yellen a d’ailleurs souligné l’écart toujours important entre le niveau attendu des taux des Fed Funds fin 2016 (2,25%) lorsque le marché du travail sera proche d’une situation jugée «normale» et la projection du taux des Fed funds de long terme (4%). La courbe s’est légèrement décalée hier, avec une hausse du taux 2 ans de 8 pb à 0,43%, et limitée à 10 pb sur le 10 ans, à 2,77%.
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Finaltis reprend Kirao AM
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française