Les marchés de matières premières risquent une correction cet été
Juillet sera-t-il aussi néfaste pour les prix des matières premières qu’en 2008 ? Sans connaître la brutale correction amorcée l’été dernier, le marché est mûr pour des prises de profit au troisième trimestre, ont estimé hier les analystes de SG CIB lors d’une conférence. Car le fort rebond enregistré depuis mars est lié au retour des flux financiers sur la classe d’actifs, dans des volumes moins élevés qu’au plus fort de la bulle mi-2008.
« Il n’y a pas de signes patents de rebond de la consommation de matières premières dans le monde », rappelle Frédéric Lasserre, patron de la recherche commodities chez SG CIB. Si les fondamentaux restent déprimés dans un contexte de récession mondiale, la classe d’actifs a bénéficié de plusieurs facteurs de reprise : des cours tombés début 2009 à des niveaux inférieurs aux coûts de production, le regain général d’appétit pour le risque à partir de fin mars, et la faiblesse du dollar, inversement corrélé aux prix des matières premières.
Les craintes d’un retour de l’inflation, pourtant peu vraisemblable, ont également poussé à la hausse des cours. « De grands investisseurs – assureurs, fonds de pension, et quelques fonds souverains – sont revenus sur la classe d’actifs dans une logique de protection contre l’inflation », explique Frédéric Lasserre. Le lien est notamment visible pour le pétrole (voir graphique), où, en l’absence de relais fondamental, « il existe un risque élevé de correction à court terme », estime Michael Wittner, spécialiste de l’or noir chez SG CIB.
L’analyse de l’offre et de la demande, qui incite à la prudence pour le troisième trimestre, pousse en revanche la banque à rester dans une logique haussière sur la plupart des matières premières à partir de 2010.
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