Les marchés de matières premières font les frais de l’aversion pour le risque
Les investisseurs financiers ont nettement réduit leurs paris sur une hausse des cours. A long terme, la tendance reste haussière
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Violaine Le Gall
A l’image de toutes les classes d’actifs jugées risquées, les matières premières ont enregistré une nette baisse la semaine dernière. L’indice S&P GSCI sur ces marchés, qui est exposé pour une moitié au pétrole, a reculé de 7,7 % en une dizaine de séances. Il s’est stabilisé hier. Le baril de pétrole de la Mer du Nord, le Brent, est retombé sous la barre de 100 dollars.
Les inquiétudes sur l’Europe, en particulier la Grèce et le secteur bancaire espagnol, ont incité les investisseurs à adopter des profils plus défensifs. Les mouvements se sont accentués la semaine dernière mais le regain de prudence était déjà perceptible auparavant. D’après les données hebdomadaires de la CFTC au 29 mai, les investisseurs financiers ont réduit leurs paris sur l'évolution du cours du pétrole. Depuis début mars, les positions nettes à l’achat ont baissé de 50%. La tendance est la même sur tout le spectre des matières premières suivies par le régulateur américain.
Les engagements des investisseurs dans les fonds témoignent aussi de leur réticence à investir dans les actifs risqués. Les supports d’investissements dans les matières premières (principalement les exchange traded products) ont subi une décollecte d’un milliard de dollars en avril, d’après Barclays Capital. C’est toutefois moitié moins qu’en mars.
Les spécialistes du secteur ne sont toutefois pas inquiets. «Les fondamentaux restent relativement stables malgré le ralentissement de la croissance de la demande de pétrole en Inde et en Chine», d’après la recherche matières premières de Barclays Capital car la demande américaine a donné des signes d’amélioration importants et celle venue des pays développés de la zone Pacifique se tient bien également. Le directeur général de Royal Dutch Shell, Peter Voser, se veut aussi rassurant. «Les fondamentaux à long terme n’ont pas changé, ce qui signifie que, compte tenu de la croissance de la demande d'énergie dans le monde, l’offre risque d’avoir du mal à suivre à long terme», a-t-il déclaré hier lors d’une conférence mondiale sur le gaz à Kuala Lumpur.
Les perspectives sur les métaux de base sont toutefois moins encourageantes à un horizon plus proche. «Le sentiment est devenu plus pessimiste et nous prévoyons que le prix des métaux va rester sous pression jusqu'à ce que le marché devienne plus confiant sur les perspectives macroéconomiques», explique Barclays Capital.
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