Les marchés d’actions chinois sont au plus bas depuis trois ans

La Bourse chinoise a effacé quasiment tous les gains enregistrés dans le sillage du rebond de 2008-2009. Les exportateurs souffrent
Krystèle Tachdjian
Valeurs de la Bourse de Shanghai à l'affiche. Photo: Bloomberg News
Valeurs de la Bourse de Shanghai à l'affiche. Photo: Bloomberg News  - 

Les marchés d’actions chinois sont au plus bas, pénalisés par le ralentissement économique. L’indice boursier Shanghaï composite est retombé aux alentours des 2.092 points soit son plus faible niveau depuis le mois de mars 2009. La semaine dernière il a abandonné environ 1% après l’annonce de mauvais indicateurs économiques. Selon l’estimation «flash» de l’indice PMI HSBC, l’activité des entreprises du secteur manufacturier chinois a subi en août sa plus forte contraction en neuf mois, mettant en évidence une chute des commandes à l’export et une augmentation des stocks.

«La baisse de l’activité des entreprises chinoises se confirme. Au premier trimestre, les entreprises cotées à Shanghaï ont vu leurs résultats se replier de 4,5%. Sur le premier semestre la chute atteint même 7,5%», explique Luc Charlier, analyste chez ING Belgique à Bruxelles. «Les niveaux de valorisation des entreprises chinoises sont très bas avec un PER (Price earning ratio, cours sur bénéfice par action) moyen de 9,4 contre une moyenne historique de 17,5», ajoute-t-il.

Le marché actions chinois subi un processus de correction massif. Il a ainsi effacé quasiment tous ses gains enregistrés dans le sillage du rebond des marchés en 2008 et 2009. Les exportateurs chinois se retrouvent dans une situation périlleuse. Ils sont notamment affectés par une bulle immobilière, la dégradation de la situation en Europe, et le processus de désendettement des entreprises.

Signe de la baisse de régime en Chine, Caterpillar, le plus grand producteur d’équipements pour les secteurs de la construction et des mines, réduit la voilure en Chine et exporte une grande partie de ses stocks vers d’autres pays. «Les investissements directs des étrangers en Chine sont en baisse de 7 % à fin juillet en glissement annuel», souligne Luc Charlier.

La pression est très forte sur la Banque centrale chinoise qui a déjà baissé ses taux en juin et en juillet. Elle dispose d’une marge de manœuvre importante pour une baisse supplémentaire car le pays affiche le taux réel le plus élevé des pays du G20, d’un peu moins de 4%. L’institution pourrait aussi décider de relever encore la fourchette de fluctuation du yuan par rapport au dollar. D’autres pistes sont envisageables comme de nouveaux stimuli fiscaux ou un plan de relance mais il ne s’agit à ce stade que de rumeurs.

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