Les marchés actions reposent sur les épaules de la BCE
Hésitation et volatilité. La première quinzaine boursière de l’année pourrait augurer du comportement des marchés actions, au moins au premier semestre. L'évolution des indices boursiers en forme de tôle ondulée remonte au début du second semestre 2014, lorsque les marchés sont passés d’un contexte de bull market à celui de wave market, en lien avec l’incertitude nouvelle des investisseurs quant à la poursuite de la hausse sans l’aide d’un quantitative easing américain, principal moteur de la remontée des actions depuis trois ans outre-Atlantique.
Dans ce contexte, en dépit de perspectives économiques qui resteront mieux orientées aux Etats-Unis qu’en Europe, nous recommandons désormais la prudence pour les marchés d’outre-Atlantique, au regard de niveaux de valorisation désormais indéniablement synonymes d’une bulle (le PER selon Schiller et le ratio cours/revenus atteignant leurs plus hauts de 2000 et 2007). Deux facteurs devraient en effet pousser les marchés vers une correction à moyen terme. Même si la politique monétaire américaine restera «market friendly», il est un fait qu’elle sera moins directement un facteur de «reflation» des cours boursiers que par le passé.
Par ailleurs, le niveau des marges américaines n’est plus soutenable, tous les leviers permettant d’atteindre ces chiffres ayant désormais été actionnés. L’inévitable correction que nous anticipons sur ce plan devrait naturellement déboucher sur des révisions largement négatives de la part des analystes financiers au cours des mois à venir, entraînant des objectifs de cours à moyen terme environ -12% en deçà des niveaux actuels pour le S&P 500, toutes choses égales par ailleurs.
La situation des marchés européens est loin d’être comparable. Même si il existe clairement un gisement de rattrapage en ce qui concerne les taux de marge des entreprises européennes nous ne pensons pas que celui-ci se traduira par un véritable rebond de la profitabilité de la zone. Pourquoi ? Ces bonnes nouvelles devraient être contrebalancées par des perspectives de chiffres d’affaires médiocres, au regard des taux de croissance faméliques en lien avec les fortes pressions déflationnistes.
Dans ces conditions, seul un quantitative easing puissant de la BCE permettrait aux indices européens de mieux résister que leurs homologues américains. L’institution de Francfort semble donc devoir jouer le rôle de catalyseur des marchés actions, à la hausse comme à la baisse.
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