Les marchés actions en Europe pâtissent du trop-plein d’incertitudes

Malgré les signaux positifs donnés par nos indicateurs de risque, les investisseurs réclament plus de visibilité pour revenir sur les marchés actions
J.-L. Buchalet, P. Sabatier, PrimeView

Union budgétaire, union bancaire, euro-obligations, project bonds... Les déclarations de bonnes intentions se sont multipliées en Europe au cours des dernières semaines, sans jamais se concrétiser. Cela n’est pas sans rappeler aux investisseurs l’épisode douloureux de l’été dernier, quand aucune décision concrète de la part des autorités européennes n’avait été prise pour éviter l’effondrement des marchés (-35% entre avril et septembre 2011).

Il aura fallu attendre le mois de novembre et l’intervention massive de la Banque centrale européenne sous la forme de deux sessions de LTRO pour que les marchés puissent retrouver de l’allant, ces derniers enregistrant alors une progression fulgurante de près de +30% en quelques mois.

Malheureusement, nous voilà de retour à la case départ ! Six mois plus tard, les effets de cette activité inédite de la part de la BCE ont disparu. Les autorités monétaires seront à nouveau dans l’obligation de mettre de l’essence dans le moteur prochainement, au regard de la transformation de plus en plus flagrante de la crise financière européenne en crise économique, pénalisant à la fois entreprises et ménages. Mais leur action suffira-t-elle à briser l’élan déflationniste dans lequel le Vieux Continent est en train de s’engluer ? Rien n’est moins sûr.

Aujourd’hui, l’Europe vient donc au secours de l’Espagne en s’engageant sur des montants que les autres pays auront de plus en plus de mal à faire accepter à leur population. Pour autant, cela ne convainc toujours pas les investisseurs, conscients que les problèmes restent devant nous… Dimanche, il faudra cette fois se pencher sur le vote du peuple grec, qui pourrait là encore amener son lot d’incertitudes.

En réaction, les choix politiques décideront de l’orientation des marchés: soit l’Allemagne accepte de continuer à financer la Grèce en restructurant sa dette, soit elle prend le risque d’une sortie de la zone euro, synonyme de mise en place d’euro-obligations et d’une détente quantitative massive de la part de la BCE, ce qu’elle ne semble pas souhaiter.

En conséquence, même si la probabilité de la poursuite de la baisse débutée mi-mars atteint seulement 5,6% (cf. graphique), le manque de visibilité reste trop important pour considérer le niveau actuel des Bourses en Europe comme un point d’entrée fondamental de moyen terme. La prudence y reste de mise vis-à-vis des actifs risqués.

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