Les liquidités injectées par la BCE profitent enfin aux dettes souveraines

Mario Draghi a maintenu le refi à 1% hier, le constat macroéconomique étant inchangé. Il s’est félicité des effets de la LTRO à trois ans
Violaine Le Gall
Le siège de la nouvelle banque centrale européenne en construction. Photo: Hannelore Foerster.
Véronique Riches-Flores, économiste, fondatrice de RichesFlores-Research  - 

Les succès des adjudications de l’Espagne et de l’Italie ont provoqué hier une nette détente des taux longs dans la zone euro. L'écart de rémunération entre les dettes espagnole et allemande est tombé à 329 points de base (pb) contre 351 pb la veille. Et le rendement des BTP italiens à dix ans s’est détendu de 36 pb à 6,58 %.

Les investisseurs sont à nouveau à l’achat sur la dette souveraine. Ainsi, l’Espagne a réussi à placer près de 10 milliards d’euros de titres alors qu’elle prévoyait initialement d’emprunter la moitié. Les lignes, à 3 et 5 ans, ont été mis à prix à des rendements inférieurs d’environ 100 pb à ceux concédés lors des dernières adjudications.

L’année 2012 commence bien aussi pour la dette italienne: 8,5 milliards d’euros de titres à un an ont été mis à prix avec un rendement de 2,7 % contre 5,9 % pour l’opération précédente du 12 décembre. Mais le véritable test de début d’année pour l’Italie a lieu aujourd’hui avec une adjudication de titres à 3 et 6 ans pour 4,75 milliards.

Les succès d’hier ne sont pas sans lien avec l’injection de liquidités à trois ans de la BCE fin décembre. Depuis lors, les sommes placées sur la facilité de dépôt sont certes montées en flèche pour atteindre un record à 486 milliards d’euros le 10 janvier dernier. Mais la diminution de 15 milliards d’euros des dépôts, à 471 milliards annoncée hier semble signaler un retour de certaines banques sur la dette souveraine périphérique.

Lors de sa conférence de presse mensuelle, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a souligné l’importance de l’opération de refinancement à trois ans de décembre qui a provoqué une nette détente sur la partie courte des courbes des taux. «Sans aucun doute, nous avons évité une congestion majeure pour notre système bancaire», a-t-il expliqué. La BCE espère que, fin février, les banques participeront à la nouvelle LTRO à trois ans pour investir dans la dette souveraine.

Il faudra donc certainement attendre la réunion du mois de mars pour que la banque centrale fasse de nouvelles annonces sur ses politiques conventionnelle et non-conventionnelle. Le taux refi est resté hier inchangé à 1% mais Mario Draghi a implicitement laissé la porte ouverte à une nouvelle baisse. Les risques pesant sur la croissance restent «importants», même si la BCE a identifié «les premiers signes provisoires d’une stabilisation de l’activité à un très faible niveau».

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