« Les liquidations de positions sur le crédit alimentent la hausse des spreads »
L’Agefi : La dégradation du marché du crédit peut-elle s’amplifier ?
Patrick Barbe : Le marché du crédit connaît déjà une nouvelle forte dégradation depuis le début du mois : l’iTtraxx 5 ans Europe est passé de 78 points de base (pb) à plus de 100 pb en quelques jours. La propagation de la crise s’étend à tout le secteur privé: ses obligations de 5 à 10 ans de maturité affichent une prime de 2,37 % par rapport à l’Etat contre 2,5 % environ au plus fort de la crise crédit de 2002 (ce segment de marché ne contient que peu de financières).
Même si les ratios de crédit commencent à se dégrader (dette nette/Ebitda), la santé financière des entreprises n’explique pas l’ampleur de l’écartement des spreads, contrairement à 2002. Ce sont surtout des raisons techniques.
Les liquidations successives de positions sur le marché de crédit créent un cerce vicieux à la hausse des spreads : SIV, loans, et CDO entrés en débouclement forçé. La réouverture du marché primaire euro provoque une revalorisation du secteur concerné par l’émission. Les banques conservant maintenant les crédits qu’elles accordent, doivent se financer massivement dans les marchés. Les incertitudes augmentant, la décote d’un placement peu liquide s’accroît aussi.
Les niveaux des spreads redeviennent attractifs compensant la volatilité mais à condition d’éviter les émetteurs à risque : certaines banques exposées à la hausse des défauts des cartes de crédit ou aux refinancements de LBO, les corporates endettées à court terme ou dépendantes du cycle économique.
Pourquoi privilégiez-vous la catégorie « A »?
La catégorie A contient beaucoup d’émissions financières qui s’étant déjà fortement dégradées, nous paraissent attractives comparées au risque sur les échéances court/moyen termes. Néanmoins la recherche de fortes primes de rendement a des limites : en phase de ralentissement économique, la catégorie BBB nous paraît plus risquée car elle contient un certain nombre d’émetteurs cycliques dont la note pourrait être mise sous revue négative.
Plus d'articles du même thème
-
Les économistes tentent d’évaluer le coût des canicules
Face à la répétition des vagues de chaleur, l’Europe subit un choc d’offre structurel qui détruit la productivité du travail à court terme et menace d’asphyxier l’investissement à long terme. En France, ce scénario de crise pourrait coûter plus de 270 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. -
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions. -
PARTENARIATRéindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”. -
Le rapport de la Commission sur la compétitivité bancaire peine à convaincre
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités. -
Visa lance sa plateforme de stablecoins
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps. -
La cote parisienne s'érode inexorablement
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« Généraliser immédiatement l’attestation d’honorabilité » : l'appel de 33 députés et 100 maires pour protéger nos enfants
Dans cette tribune, un collectif d'élus appelle le gouvernement à procéder par décret, sans attendre la prochaine élection présidentielle -
Retour d'expérienceBaromètre Ifop-Endrix : Macron guette le rebond de popularité pour peser sur sa succession
Le chef de l'Etat appelle à se méfier des sondages qui prédisent la victoire de Marine Le Pen en 2027 -
AmbitionL'Inde met l'autonomie stratégique de l'Asie-Pacifique au cœur de sa diplomatie
Mis sur la touche par les Etats-Unis et prudent à l'égard de la Chine, New Delhi joue la carte d'un rapprochement stratégique avec ses voisins inquiets de la confrontation sino-américaine