Les liens familiaux pèsent encore dans la formation des grandes fortunes
L’économie et la richesse se mondialisent, mais la culture et le poids de l’histoire marquent encore fortement la formation et la gestion des grands patrimoines. «Les fortunes gérées par les familles se concentrent dans certaines régions du monde et sont quasi inexistantes dans d’autres», souligne l’étude réalisée par Forbes Insight et Société Générale Private Banking auprès de 1.253 grandes fortunes dans douze pays.
Les patrimoines d’origine familiale (donc hérités, par opposition aux fortunes entrepreneuriales) proviennent principalement des pays aux économies mûres: ils y représentent 46% des fortunes, contre 39% dans les marchés émergents. La France, à la culture entrepreneuriale balbutiante, se situe à 64%, pourcentage le plus élevé d’Europe occidentale.
Mais il ne s’agit que de moyennes. Car on trouve dans certaines zones émergentes les pourcentages de patrimoines familiaux parmi les plus élevés, comme l’Inde (73%) et le Moyen-Orient (62%, dont 100% au Koweit). La «préservation de liens familiaux solides» est l’un fondement de ces sociétés. En Inde par exemple, les fortunes accumulées depuis l’ère coloniale se sont transmises, tandis que d’importants patrimoines ont été constitués dans l’immobilier et le maritime à partir de 1945 à Hong-Kong et Singapour – territoires exigus et plaques tournantes internationales.
En revanche, passé collectiviste oblige, les «self-made entrepreneurs» dominent en Chine et en Russie. Ils constituent respectivement 66,5% et 81% des fortunes de leur pays. Autre ligne de fracture, la présence d’un marché d’actions dynamique, qui permet la réalisation d’un patrimoine. Le Royaume-Uni, avec sa City, reste celui des fortunes individuelles (75%). «Le Brésil (53%) bénéficie d’une Bourse dynamique, où de grandes fortunes peuvent se créer», précise Bruce Rogers, de Forbes Insight.
Toutes ces différences ont également une influence sur les pratiques de gestion. Aux Etats-Unis, où se trouvent le plus grand nombre de milliardaires, «les particuliers très fortunés ont accès à des milliers de fonds spéculatifs» qui peuvent appliquer des stratégies risquées. En revanche, «les investisseurs fortunés d’Asie tendent à adopter une stratégie très prudente. […] Ils ne confient jamais la totalité de leur fortune à leurs banquiers privés», indique l’étude. Les milliardaires russes, craignant l’incertitude fiscale de leur pays, tendent à répartir leurs investissements à l’étranger, en particulier dans l’immobilier.
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