Les Italiens rejettent largement la réforme constitutionnelle
C’est un « No » franc et massif. Selon les projections disponibles lundi à 00h50 GMT, les Italiens ont rejeté à 59,6% la réforme constitutionnelle proposée par le président du conseil Matteo Renzi, qui a annoncé qu’il remettrait sa démission cet après-midi. Le président de la République Sergio Mattarella pourra confier à Matteo Renzi, ou à une autre personnalité, la charge de former un nouveau gouvernement, soit convoquer des élections législatives anticipées.
Même si la victoire du non était «partiellement intégrée par les marchés», elle «plongera l’Italie dans une nouvelle période d’instabilité politique, d’autant qu’il faudra dans tous les cas attendre janvier la décision de la cour constitutionnelle italienne [...] pour savoir si des élections anticipées ont des chances d’être organisées avant février 2018», rappelle Florent Pochon, chez Natixis.
Quelles que soit la porte de sortie choisie, les réformes, notamment celle du secteur bancaire, entamées par Matteo Renzi s’en trouveront retardées. Si certains observateurs restent optimistes quant à l’absence de conséquences systémiques (soulignant un contexte plus solide que pendant la crise de la dette souveraine de 2011-13), le rejet fait peser un risque sur les banques italiennes, qui concentrent 29% des créances douteuses de la zone euro. Monte dei Paschi, qui a besoin de 5 milliards d’euros de fonds propres, comptait lancer son appel au marché après le référendum. Mais beaucoup estiment que l’augmentation de capital sera abandonnée. Unicredit, plus solide, qui envisageait aussi un appel du marché, pourrait temporiser ou s’orienter vers d’autres solutions.
L’euro a chuté face aux principales devises. Dans les heures qui ont suivi, il est tombé jusqu’à 1.0505 dollar, un plancher de 20 mois, pour remonter vers 1,056 à 00h40 GMT. L’euro perdait dans le même temps 1,5% à 119,38 yens et 0,7% à 0,8315 livre.
Les obligations italiennes se retrouvent à nouveau sous pression. « Après les résultats, les spreads [vis-à-vis des Bunds allemands] pourraient grimper jusqu’à environ 200 pb. La liquidité des contrats à terme des BTP permet aux investisseurs de se couvrir contre de nombreux risques périphériques, ce qui pourrait avoir des effets secondaires indésirables sur le marché obligataire italien », indiquait la semaine dernière Natixis Asset Management. Côté actions, «il devrait y avoir une prime pour les bilans solides et les entreprises qui peuvent générer des flux de trésorerie, dont le business model ne dépend pas de la poursuite des politiques expansionnistes», commente Raj Shant, gestionnaire actions internationales chez Newton, filiale de BNY Mellon IM.
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