Les investisseurs s’inquiètent du statut de créancier senior du MES
L’effet d’annonce du plan de sauvetage du secteur bancaire espagnol a déjà fait long feu. Les marchés s’inquiètent, entre autres, du fonds de secours qui sera utilisé pour recapitaliser les établissements financiers. Le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES), plutôt qu’au Fonds européen de stabilité financière (FESF) pourrait être dommageable pour les porteurs de dette espagnole.
Le communiqué publié par l’Eurogroupe se contente d’assurer que la recapitalisation sera assurée par le «FESF-MES». Un porte-parole du gouvernement allemand a affirmé que l’usage du MES était plus probable. «Le MES est à presque tous points de vue plus efficace que le FESF», a-t-il expliqué évoquant aussi des enjeux de calendrier. Officiellement, le FESF pourra accorder de nouvelles aides jusqu’à juillet 2013. Mais le fonds permanent, qui sera opérationnel début juillet, a été conçu pour pallier ses failles.
Contrairement au FESF, il ne fonctionnera pas avec un système complexe de garanties des Etats membres mais grâce à leur apport en capital. Avec 80 milliards d’euros versés en trois tranches, dont 16 milliards en juillet, et 620 milliards d’euros de capital appelable, le MES aura une capacité de prêt de 500 milliards d’euros en 2014. Par ailleurs, le système de décision du MES est relativement souple puisque une aide d’urgence peut être votée à la majorité qualifiée (85%) de son conseil.
Mais les investisseurs ne voient pas le MES d’un bon œil pour la sécurité qu’il apporte aux Etats contributeurs avec son statut de créancier privilégié (sauf vis-à-vis du FMI). Le FESF ne bénéficie pas de ce régime car «les investisseurs privés seraient réticents à fournir des prêts à un pays s’il a trop de créanciers privilégiés», soulignent les documents du fonds européen.
«Le statut de créancier senior du MES nous fait considérer le mécanisme comme un accélérateur de crise», explique Harvinder Siam chez RBS. Selon lui, avec des prêts du MES de 100 milliards d’euros et 25 milliards d’euros de titres souverains espagnols détenus par la BCE, 22% du stock de dette espagnole d’ici à 2014 serait entre les mains de créanciers privilégiés.
Par ailleurs, les statuts du MES prévoient une participation du secteur privé au cas par cas. Pour ce faire, les Etats ont décidé d’introduire des clauses d’action collective pour toutes les obligations souveraines de plus d’un an à partir de 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché de la gestion de patrimoine islamique croît en son potentiel
Soutenue par l'évolution des attentes des épargnants et la montée en puissance d'acteurs spécialisés, la gestion de patrimoine islamique poursuit sa structuration. Reste à transformer ce potentiel en un marché suffisamment mature pour attirer durablement les fournisseurs de solutions d'investissement. -
Turenne Santé s'attaque au maillon faible du financement de l'innovation en santé
Soutenu notamment par Bpifrance et Relyens, Next Health Capital procède à un premier closing à plus de 60 millions d'euros. Le fonds vise jusqu'à 150 millions d'euros pour financer le passage à l'échelle commerciale de PME de santé innovantes, un segment que Turenne juge encore insuffisamment couvert. -
Un riche programme pour la première réunion de l’Eurogroupe sous présidence irlandaise
L’Eurogroupe se réunit les 9 et 10 juillet à Bruxelles et doit aborder d’importants sujets économiques et financiers comme le rôle international de l’euro ou la future fonction de supervision de l’Esma. -
Russell se fait racheter par B Capital et Calpers
La société de gestion américaine est cédée par TA Associates et Reverence Capital Partners, ses actionnaires depuis 2016. -
Les gérants actifs subissent le coût du «value for money» au profit des intermédiaires
Les sociétés de gestion ont absorbé l’essentiel de la baisse des frais des unités de compte alors que la part dédiée aux rétrocessions, permettant de rémunérer la distribution, est restée stable. Cette pression sur les marges affecte toujours plus la gestion active. -
Le sommet de l’Otan relance les grandes manœuvres dans la défense européenne
Les opérations financières se multiplient dans le secteur alors que les membres de l’Otan se sont retrouvés en Turquie. La baisse des valorisations depuis six mois facilite aussi les transactions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- L'Ircantec va lancer plusieurs appels d'offres
- Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Faux amiMarine Le Pen, cette vieille connaissance que les milieux européens redoutent
La candidature de la députée inquiète à Bruxelles, où la présidentielle française est attendue avec fébrilité -
« Une guerre de l'eau qui démarre » : le projet de loi d’urgence agricole divise les élus locaux
Plusieurs associations d’élus locaux ont appelé mercredi au retrait du “volet eau” du projet de loi d’urgence agricole. Le texte défendu par la ministre Annie Genevard doit être examiné en commission mixte paritaire dans une semaine. -
L'heure des comptesLa baisse des ventes immobilières et la guerre au Moyen-Orient vont affecter les collectivités en 2026
La Cour des comptes salue la bonne tenue des finances des villes, départements et régions mais a alerté sur « l'aléa » du conflit