Les investisseurs retrouvent le goût du risque actions
Notre indicateur de dispersion de performances au sein de la cote européenne nous indique que les bourses du Vieux Continent ne présentent aucun signe de surchauffe, après avoir purgé les excès accumulés depuis le printemps 2009. Après avoir chuté de près de 80% au cours du second trimestre, notre indicateur reprend certes le chemin de la hausse, mais à un rythme relativement tranquille.
Le matelas de cash accumulé ces deux dernières années par les entreprises cotées est impressionnant et témoigne de la rapidité avec laquelle celles-ci ont su s’adapter à un environnement très dégradé. Cette montagne de liquidité résulte pour l’essentiel du produit combiné de la chute des investissements et de programmes de réduction drastique des coûts. Maintenant que l’horizon économique se dégage très progressivement avec notamment le redémarrage des créations d’emplois aux Etats-Unis, la question de l’utilisation de ce trésor de guerre se pose clairement. Avec des taux d’intérêt d’à peine 1% pour les placements à court terme, la rentabilité de cette trésorerie excédentaire est insignifiante.
Une partie de cette manne sera rendue aux investisseurs sous forme de dividendes ou de programmes de rachat d’actions. Pour le moment, les flux vers les actions sont restés insuffisants pour corriger l’anomalie d’une rémunération des actions devenue supérieure à celle des obligations privées qui perdure depuis plus d’un an. La microéconomie, de son côté, a confirmé les bons résultats en moyenne des entreprises européennes, même si les bonnes surprises sont plus nombreuses du côté américain. Le ratio hausse / baisse des bénéfices 2010 des sociétés du DJ Stoxx 600 reste à un niveau confortable autour de 1,4, ce qui devrait autoriser une hausse conséquente des profits de 37,3% pour 2010 et de 15,2% pour 2011, et conforter le niveau des dividendes (soit un rendement de 3,5% pour 2010 et 3,9% pour 2011 à comparer avec un rendement des obligations privées à 5 ans de 3,3% en moyenne).
Sur un an, le DJ Euro Stoxx 50 est quasiment stable alors que toutes les autres classes d’actifs ont connu de bonnes performances. Or, les grands investisseurs institutionnels sont actuellement neutres ou sous-pondérés sur les actions. La recherche de rendement devrait permettre des flux entrants en faveur des actions au cours des prochains mois et autoriser une sortie par le haut des bourses européennes.
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