« Les investisseurs préfèrent le crédit aux dettes d’Etat AAA et au monétaire »
L’Agefi : Le marché primaire peut-il rester dynamique jusqu'à la fin de l’année ?
Alain Krief: Le marché primaire restera très certainement actif jusqu'à mi-décembre. Nous sommes dans un environnement économique qui incite les entreprises du secteur privé à émettre et les investisseurs à souscrire à ces nouvelles émissions. Même si le « double creux » semble être écarté, nous avons assisté à de successives révisions à la baisse aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis pour les estimations de taux de croissance 2011. C’est dans ce contexte que les entreprises industrielles préfèrent profiter d’une bonne dynamique de marché pour racheter leur échéances 2012 ou 2013, se refinancer à plus long terme et bénéficier de taux bas. Et les banques se refinancent sous les nouveaux formats de dette subordonnées. Ainsi, malgré la conjoncture, les entreprises affichent des niveaux d’endettement réduits au sortir de la crise. Dans le même temps, dans ce contexte de taux bas et de croissance faible, les investisseurs privilégient le crédit afin d’obtenir des rendements plus élevés que le monétaire ou les taux d’Etat AAA.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Un marché primaire fort, une visibilité réduite, une croissance faible et des taux bas nous conduisent aujourd’hui à adopter une stratégie d’investissement prudente, surtout sur le primaire mais aussi sur le secondaire où nous privilégions le «portage à faible risque». Il s’agit de ne pas aller chercher le rendement à tout prix mais de sélectionner de façon drastique les émetteurs sur leurs fondamentaux (génération de free cash-flow, en mode désendettement...).
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