Les investisseurs maintiennent l’Italie sous pression

Après le soutien annoncé ce week-end aux banques espagnoles, le rendement de la dette italienne à dix ans a dépassé hier la barre des 6%
Antoine Duroyon

Rome souffre d’un manque de différenciation sur les marchés financiers. Dans le sillage de l’annonce d’une recapitalisation des banques espagnoles via les fonds de sauvetage européens, l’Italie est revenue sur le devant de la scène. Le rendement de la dette italienne à dix ans a vu son rendement grimper hier de 26 points de base, à 6,004%. Soit la hausse la plus importante en une seule journée depuis le 8 décembre. Les actions n’ont pas été épargnées, puisque la Bourse de Milan a clôturé hier sur une baisse de 2,79%, déstabilisée par les valeurs financières.

L’Italie et l’Espagne ne partagent pourtant pas les mêmes fondamentaux : le taux de chômage varie plus que du simple au double entre les deux pays, de même que le niveau du déficit budgétaire pour 2011. Mais l’Italie souffre d’une dette représentant environ 120% de son PIB (à fin 2011), contre 68,5% pour l’Espagne. Et l’Italie s’est encore un peu plus enfoncée dans la récession au premier trimestre de 2012 : le PIB s’est contracté de 0,8% par rapport au trimestre précédent, selon les données de l’institut de statistiques Istat diffusées hier. Pour 2012, l’OCDE table sur un recul de 1,7%, soit dix points de base de plus qu’en Espagne. Le gouvernement italien mise sur un repli limité à 1,2%.

Si le Trésor italien, qui doit placer plus de 35 milliards d’euros d’obligations et de bons chaque mois, affrontait une violente détérioration de son accès au marché, la Banque centrale européenne se retrouverait en première ligne. «Cela constituerait une menace potentiellement fatale pour l’union monétaire européenne», estime Thomas Mayer, économiste chez Deutsche Bank. L’Italie dispose en tout cas d’une marge de manœuvre limitée, le gouvernement de Mario Monti ayant déjà mis en place un vaste plan de mesures d’austérité, réformé son système de retraites et remanié le marché du travail.

Le ministre italien de l’Industrie, Corrado Passera, est d’ailleurs monté au créneau hier pour défendre le travail du gouvernement. «L’Italie a fait ce qui était nécessaire au cours des derniers mois pour se sauver elle-même», a-t-il affirmé en marge d’une conférence à Milan. Les mesures adoptées jusqu’ici mettent l’Italie «parmi les pays mieux placés pour affronter les turbulences financières dans lesquelles l’Europe est plongée».

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