Les investisseurs étrangers soutiennent l’essor des sociétés russes
La Russie cherche à développer ses pépites. Le fonds d’investissement direct russe (RDIF) piloté par Moscou, créé il y a un an pour réduire la dépendance de l’économie au secteur pétrolier et dans lequel sont logés 10 milliards de dollars, a reçu une contribution de 500 millions de la part du fonds souverain du Koweït. Goldman Sachs, Templeton Asset Management et BlackRock ont également accepté de s’associer au programme.
Le RDIF vise à investir un minimum de 100 millions de dollars dans des sociétés russes, publiques ou privées, réalisant au moins 500 millions de chiffre d’affaires et qui prévoient de se faire coter dans les 18 prochains mois spécifiquement à la Bourse de Moscou, même si une double cotation est autorisée. « Le programme soutiendra les sociétés russes à un moment crucial de leur levée de fonds (…) et a le potentiel pour accroître significativement le nombre et la qualité des sociétés russes qui s’introduisent sur le Micex-RTS » a indiqué le directeur du RDIF, Kirill Dmitriev. Le fonds espère obtenir des titres avec une décote de 20% à 30% par rapport au premier cours de cotation.
Début juin, le RDIF avait déjà passé un accord avec le fonds chinois China Investment Corp pour créer un véhicule commun de 2 à 4 milliards de dollars destiné à «générer de forts retours sur des investissements dans des projets qui tirent profit du renforcement des liens économiques entre la Chine et la Russie».
Des initiatives destinées à endiguer la perte de confiance des investisseurs dans l’économie du pays, qui devrait croître de moins de 5% cette année. Si la situation russe paraît enviable avec une dette publique de moins de 10% du PIB, un budget équilibré et 150 milliards de dollars logés dans le fonds souverain pétrolier, les investissements étrangers dans le pays se sont érodés pour ne peser que 2,7% du PIB cette année, contre 4,2% en 2007. Parallèlement, les sorties de capitaux ont plus que doublé l’an dernier pour atteindre 80 milliards de dollars.
«Le coût du risque imposé par les marchés va certainement être élevé, entrainant une chute de la valeur des actifs» estime Paul Collison, responsable des investissements chez 55 North Capital Partners. Sans compter que la dépendance du pays aux matières premières a explosé avec un prix moyen du baril nécessaire pour équilibrer le budget 2012 de 117 dollars, contre 50 dollars en 2008.
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