Les investisseurs étrangers prudents vis-à-vis des actifs américains
60,4 milliards de dollars en décembre après 150,8 milliards en novembre. Tel est le bilan des entrées de capitaux aux Etats-Unis publié vendredi par le Trésor américain. En ne retenant que les actifs de long terme, le solde se limite même à 56,5 milliards de dollars, soit 38 % de moins qu’en novembre et surtout 23 % de moins qu’attendu. Les craintes de certains économistes de voir les investisseurs s’intéresser de moins en moins aux actifs américains se sont donc concrétisées.
Alors que Wall Street (+33,5 milliards après +4,7 milliards en novembre) et les obligations corporate (+37,5 milliards après +15,4 milliards en novembre) s’en sortent bien, ce sont les titres des agences hypothécaires et les Treasuries qui ont surtout fait les frais de la défiance des investisseurs étrangers. Les premiers ont subi des sorties nettes de 3,3 milliards tandis que les achats nets sur les seconds sont restés inférieurs à 1,5 milliard (après 23,5 milliards en novembre). Nul doute que les perspectives de baisse des rendements (liées aux écarts de taux et à la baisse du dollar) ont incité les investisseurs (en particulier les banques centrales) à se tourner vers des titres d’Etat de zones plus rémunératrices.
Parmi les grands détenteurs de Treasuries, les Japonais ont poursuivi leur mouvement de sortie amorcé à l’automne avec des positions réduites de 1,7 % (571,2 milliards). Les Britanniques ont affiché la même politique (-5 % à 299,7 milliards) tout comme les producteurs de pétrole (-0,7 % à 126,7 milliards). En revanche, les Chinois, dont les réserves ont continué à grossir en 2007, ont remonté leurs détentions de Treasuries au-delà des 400 milliards (405,5 exactement). Un niveau qui correspond peu ou prou à leur position moyenne l’an passé.
Le bilan est d’ailleurs loin d’être totalement catastrophique pour l’économie américaine. La tendance a en effet pu être inversée depuis les sorties de capitaux de 70,5 milliards de dollars constatées au mois d’août. Et sur l’ensemble de l’année, les flux orientés vers les actifs de long terme (782,3 milliards) ont permis de couvrir un déficit commercial qui, à 711,6 milliards, a pourtant connu sa plus forte baisse depuis 1991. Un constat qui se trouve encore renforcé si l’on ne retient que les entrées de capitaux visant des actifs réellement américains. Dans ce cas, le solde dépasse les 1.005 milliards de dollars.
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