Les investisseurs en infrastructures montent au créneau contre la Norvège
Le combat que mène un groupe d’actionnaires de la société norvégienne de transport de gaz, Gassled, à l’encontre de l’Etat norvégien, est entré dans une phase décisive hier avec l’ouverture d’un procès à Oslo. Parmi les investisseurs, pour qui il en va de l’attractivité de la Norvège comme destination d’investissement, figurent Allianz, des fonds de pension canadiens, le fonds souverain d’Abou Dabi ou encore UBS.
Ils reprochent à la Norvège d’avoir décidé d’abaisser jusqu’à 90%, à partir de la fin de l’année 2016, les tarifs de transport de gaz de Gassled. La société qui est une joint-venture avec l’Etat, permet via ses pipelines, ses plates-formes et ses terminaux de satisfaire près de 20% de la demande de gaz en Europe.
Cette décision prise par le précédent gouvernement norvégien en 2013 n’a pas été remise en cause par la nouvelle équipe dirigeante arrivée quelques mois plus tard. Aux yeux de celle-ci, les profits dans l’industrie gazière doivent venir de l’exploitation des gisements plutôt que des infrastructures et la baisse des coûts de transport de gaz est essentielle pour l’attractivité de l’exploration. Les investisseurs, qui ont payé quelque 32 milliards de couronnes norvégiennes (3,8 milliards d’euros) pour détenir environ 44% dans Gassled, assurent que la baisse des tarifs va à l’encontre de la loi norvégienne, de sa constitution et des principes européens sur la propriété privée.
Aux yeux des plaignants, la décision nuit à l’attractivité de la Norvège. L’année dernière, l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada avait fait valoir dans un courrier au gouvernement révélé par Bloomberg que les investisseurs de long terme avaient réévalué leur appréciation de la Norvège comme destination d’investissement, suite à cette décision. La direction d’Allianz avait tenu le même argumentaire et le directeur des investissements de l’assureur munichois, Maximilian Zimmerer, avait aussi assuré qu’il n’aurait pas réalisé cette prise de participation s’il avait su que l’Etat allait baisser les tarifs.
Les actionnaires de Gassled qui ont porté plainte sont Solveig Gas Norway (qui détient 24,8% de la société), Njord Gas infrastructure (qui détient 8% du capital et est détenu par UBS à 82% et par CDC Infrastructure à hauteur de 18%), Silex Gas Norway (6%) et Infragas Norge (5%). Le plus gros actionnaire de Glassed, Petoro (45,7%), qui gère les participations de l’Etat norvégien, n’est logiquement pas partie prenante dans le procès qui doit se poursuivre jusqu’à la mi-juin.
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