Les investisseurs contraignent Carlyle à entrer en Bourse en toute humilité

La société de private equity a revu à la baisse le prix de ses titres, dont la cotation doit débuter aujourd’hui sur le Nasdaq
Benoît Menou

Il ne s’agit à coup sûr pas de l’introduction en Bourse en fanfare dont ont pu rêver les dirigeants de Carlyle. La société américaine de private equity s’apprête en effet à faire aujourd’hui ses premiers pas en Bourse, sur le Nasdaq, après que les investisseurs ont manifesté un appétit mesuré pour le titre. Carlyle a ainsi consenti à revoir à la baisse ses prétentions. Alors que le groupe misait jusqu’alors sur une fourchette de prix d’introduction unitaire de 23 à 25 dollars, l’action fera son entrée sur le marché au prix de 22 dollars. L’opération concernant 30,5 millions de nouveaux titres, représentant 10% du capital, Carlyle récolte 671 millions de dollars. L’estimation initiale de prix était déjà considérée comme prudente. Le temps de l’euphorie précédant l’introduction en Bourse de Blackstone en 2007 semble plus que jamais bien lointain, le titre du concurrent ayant qui plus est abandonné depuis lors la moitié de sa valeur.

Certes, le climat général des marchés boursiers et des introductions en Bourse reste fébrile. Mais les investisseurs affichent en outre avec Carlyle leur prudence quant à la solidité et à la stabilité des revenus d’un acteur du secteur du private equity. En faisant montre d’une grande humilité dans la mise sur le marché de ses titres, Carlyle espère bien ne pas subir les mêmes déconvenues boursières que d’autres comme Blackstone ou tout récemment Oaktree Capital dans la gestion alternative. Pas de doute aux yeux du gérant Tom Mangan de James Investment Research interrogé par Bloomberg, «étant donné l’historique sur ces IPOs, il est juste de concéder un prix d’entrée attractif afin de ne pas subir une baisse dès les premières séances».

Carlyle a dans ce contexte consenti une grande marge face à Blackstone en termes de valorisation de ses résultats. La capitalisation initiale de 6,7 milliards de dollars représente en effet 7,6 fois le résultat distribuable de 882 millions enregistré l’an dernier, alors qu’en parallèle la capitalisation de Blackstone de 14,9 milliards représente 21,4 fois son résultat distribuable de 697 millions en 2011.

L’opération d’introduction en Bourse de Carlyle, menée par JPMorgan, Citigroup et Credit Suisse, devrait permettre à ses cofondateurs (il y a 25 ans) David Rubinstein, Bill Conway et Daniel D’Aniello de conserver chacun une participation voisine de 15% au capital.

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