Les investisseurs commencent à perdre leur appétit pour la dette portugaise

Mercredi, le Portugal a placé 1,24 milliard d’euros de dettes à 6 et 10 ans au prix fort et a vu la demande pour celle à 10 ans diminuer fortement
Tân Le Quang

Le Portugal n’a pas eu froid aux yeux mercredi. Plutôt que d’attendre que la tension retombe d’un cran sur le marché de la dette souveraine, le pays périphérique a réalisé sa dernière adjudication obligataire de l’année. L’agence de la dette publique, l’IGPC, a réussi à placer 556 millions d’euros d’emprunts de maturité octobre 2016 et de coupon 4,2%, ainsi que 686 millions de dette à 4,80% d’échéance juin 2020. Le montant ainsi levé a atteint 1,242 milliard, un montant proche de la partie haute de la fourchette indicative de 750 millions-1,25 milliard.

«Le résultat de l’adjudication suggère que le Portugal s’est attaché à avoir une bonne quantité d’obligations vendues», note SG CIB. Mais le souverain a payé le prix fort pour vendre sa dette. Le rendement offert sur la dette à 6 ans a atteint les 6,156%, soit 178 pb de plus que les 4,371% de l’adjudication similaire du mois d’août. Du coup, le ratio de couverture (montant demandé sur montant alloué) est ressorti à 2,3 fois, contre 2,1 fois précédemment. Pour la dette d’échéance 2020, le rendement offert a été fixé à 6,806%, par rapport à 6,242% lors de l’adjudication de septembre. Mais les investisseurs ont surtout perdu de l’appétit pour la dette à 10 ans, au regard du ratio de couverture publié à 2,1 fois, à comparer à 4,9 fois en septembre. Suite à l’adjudication, le taux à 10 ans portugais s’est tendu de 28 pb à 6,854%.

La gestion du risque semble prendre le pas devant la recherche de rendement et dissuader certains investisseurs de se positionner sur la dette souveraine périphérique. D’ailleurs, l’exacerbation des craintes vis-à-vis du cas de l’Irlande a amené LCH.Clearnet à déclencher son nouveau système de gestion du risque qui pénalise les détenteurs de dette gouvernementale irlandaise compensée par RepoClear, la filiale de la chambre de compensation. Ainsi, ceux-ci verront leurs appels de marge croître de 15% sur leur exposition nette. La marge additionnelle, qui sera reflétée dans l’appel de marge du vendredi 12 novembre, s’applique aussi à la dette d’Etat irlandaise figurant dans la liste de collatéraux notés «A» et acceptés par LCH.Clearnet. Un geste qui devrait faire oublier au marché les rendements alléchants de la dette irlandaise, dont les taux à 10 ans ont bondi jeudi de 35 pb à 8,64%.

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