Les inquiétudes sur le déficit américain inciteront la Fed à rester accommodante
Les Etats-Unis s’orientent-ils vers une situation à la japonaise? La crise immobilière et la hausse simultanée de l’endettement public pourrait contraindre la Fed à conserver une politique de taux quasi nuls pour une période indéfinie afin d’alléger le fardeau de la dette. Après avoir eu toutes les peines du monde à boucler un budget qui prévoit une réduction des dépenses dérisoire de 38,5 milliards de dollars, le Trésor américain s’est fait recadré hier par le rapport «Fiscal Monitor» du FMI, qui a appelé à prendre des mesures crédibles pour réduire le déficit budgétaire du pays, exacerbé par la montée des rendements obligataires. Et de considérer qu’alors que la plupart des pays développés ont pris des mesures pour réduire leur déficit, les Etats-Unis, comme le Japon, repoussent la mise en œuvre de mesures d’austérité pour privilégier la reprise.
Les chiffres publiés hier par le Trésor ne sont pas rassurants. Les Etats-Unis ont accusé un déficit budgétaire de 188 milliards de dollars en mars, portant le déficit du premier semestre de l’exercice budgétaire 2011, débuté le 1er octobre dernier, à un record de 829 milliards de dollars, soit 16% de plus que la période comparable du précédent exercice qui représentait un déficit de 717 milliards de dollars. A titre de comparaison le déficit de février de 222 milliards de dollars dépassait celui de toute l’année 2007. Et il devrait atteindre 1.500 milliards cette année pour une dette cumulée de 14.200 milliards. Le FMI estime que, ceteris paribus, les Etats-Unis rejoindraient en 2016 le Japon comme étant les seuls pays, dans le cadre des accords pris par les pays du G20, à voir leur dette publique progresser.
C’est dans un contexte politique tendu que le président américain devrait se livrer ce soir à un exercice de funambule. Si le FMI donne des pistes en évoquant la nécessité de «réformes de fond, dont la sécurité sociale et les impôts», l’échéance de l’élection présidentielle devrait limiter les marges de manœuvre. La Maison blanche peut néanmoins compter sur le soutien de la Fed. Une montée des anticipations inflationnistes la mettrait dans une situation délicate. Les intérêts de la dette représentaient 10% des rentrées fiscales en 2010. Les économistes anticipent qu’ils devraient atteindre un poids de 30 à 40% d’ici 2015, sous condition que les taux directeurs ne dépassent pas 3%.
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