Les indices manufacturiers chinois envoient des signaux contrastés

Alors que l’indice officiel est monté en mars à un plus haut de onze mois, celui établi par HSBC montre une poursuite de la contraction
Antoine Duroyon

C’est un instantané contrasté de l’activité manufacturière chinoise que révèlent deux indicateurs publiés dimanche. L’indice officiel des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI) est monté le mois dernier à un plus haut de onze mois, à 53,1, au-delà des attentes des analystes. Le Bureau national des statistiques, qui en a fait l’annonce, souligne une hausse de la composante des prises de commandes à 55,1, contre 51 en février, face à une demande solide. Le sous-indice des commandes à l’export s’est établi à 51,9 contre 51,1 en février. Focalisé sur les grandes entreprises chinoises, cet indicateur est davantage affecté par des effets de saisonnalité. Il a ainsi grimpé en moyenne de 3,2 points chaque mois de mars sur la période 2005-2011, la production revenant à la normale après les congés du nouvel an chinois.

En revanche, l’indice calculé par la banque HSBC, davantage tourné vers les entreprises de taille plus modeste, montre une poursuite de la contraction de l’activité manufacturière à 48,3 en mars (48,1 en estimation flash), contre 49,6 en février, en raison d’une baisse des prises de commandes. Il s’agit du cinquième mois consécutif sous la barre des 50, qui démarque l’expansion de la contraction. Alors que la banque centrale chinoise a réaffirmé dans un communiqué publié ce week-end vouloir maintenir une approche «prudente» en matière de politique monétaire, ce contraste des indicateurs divise les économistes quant à une éventuelle baisse des taux courant 2012.

Le PMI officiel «indique que la croissance économique est dans une phase apparente de rebond», note Zhang Liqun, chercheur au Centre de développement et de recherche du Conseil des affaires d’Etat. Il estime toutefois que la croissance économique pourrait ralentir en fonction de la demande du marché. Selon un sondage réalisé par Bloomberg auprès d'économistes, tous ont tablé sur une nouvelle baisse des taux de réserve obligatoire des banques, tandis que seulement 9 sur 20 ont dit s’attendre à une baisse des taux directeurs cette année. Pékin a entamé depuis août 2010 une remontée progressive et maîtrisée, le taux de prêt à un an s'établissant actuellement à 6,56% et le taux de dépôt ressortant à 3,5%.

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