Les incertitudes s’amoncellent sur le marché de crédit en ce début d’année
En dépit d’interventions massives, répétées et coordonnées des banques centrales, la liquidité continue à être chère sur le marché interbancaire, le cœur du système, même si l’on note une amélioration depuis début janvier. Pour les économistes du Crédit Agricole, « le blocage reste patent… la normalisation du marché monétaire sera lente et erratique, ce qui fait ressurgir la question de la transmission du choc financier à l’économie réelle avec en toile de fond le spectre du «credit crunch» et de la récession mondiale». Ainsi, « les échéances du début de l’année, en particulier la publication de comptes annuels certifiés pour les principaux établissements financiers, seront donc déterminantes pour espérer une normalisation complète des marchés financiers », ajoutent-ils. Sur le crédit, l’activité du marché primaire sera également à suivre avec attention.
Le plus grand risque pour l’année 2008 restera tout de même la restriction de l’accès aux crédits par les banques. L’ampleur des pertes et dépréciations d’actifs liées à la crise des crédits à risque aux Etats-Unis ne cesse en effet d’être révisée en hausse. D’une estimation de la Réserve Fédérale de 100 milliards de dollars en début de crise à celle de 250 milliards de dollars évoquée par Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, les experts évoquent désormais des pertes pouvant atteindre 400 milliards de dollars voire plus. Or, ces prévisions particulièrement pessimistes qui obligent les banques à déprécier de larges montants d’actifs non performants les contraignent à resserrer l’octroi et les conditions de crédits.
D’autant que dans le même temps, la phase de dégradation des notes de crédits de nombreux produits structurés devrait perdurer un certain moment. Il faut ajouter à cela des indicateurs macroéconomiques américains qui continuent de décevoir et une fébrilité des marchés d’actions. Alors que cette situation ne devrait pas s’estomper de sitôt, les analystes d’UniCredit estiment que «les méfaits de la crise du crédit pourraient s’étendre à d’autres segments du marché comme les prêts automobiles ou encore les cartes de crédits.» La banque italienne prévoit en outre que «les effets à long terme de la crise continueront à avoir des conséquences sur les marchés financiers mais plus largement sur l’économie réelle.»
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