Les hedge funds changent leur optique sur la zone euro

Au terme d’une année 2012 honorable, certains fonds lancent de nouvelles stratégies pour investir en Espagne ou en Italie
Stéphanie Salti, à Londres

L’année 2012 s’est plutôt bien terminée pour l’industrie mondiale des fonds alternatifs. Le secteur est désormais assis sur un encours de 2.250 milliards de dollars, comparé à 2.100 milliards d’actifs une année auparavant. La collecte a été dynamique mais inégale tout au long de ces douze mois, avec un montant total de 34,4 milliards de dollars, marqué cependant par un fléchissement au dernier trimestre, avec 3,44 milliards colletés. Selon l’indice HFRI Fund Weighted Composite, la performance annuelle est ressortie en hausse de +6,2%, après un gain de 1,3% au dernier trimestre de l’année.

Toutes les stratégies n’ont cependant pas été égales face à cet apport de capitaux et de gains de performance. Parmi les grands gagnants, l’indice HFRI Relative Value est ressorti en hausse de 10,5% en 2012, marquant ainsi une quatrième année de croissance consécutive. La stratégie relative value arbitrage est même parvenue à détrôner les stratégies equity hedge en terme de nombre d’actifs –avec 609 milliards de dollars–, une première depuis 1991.

En revanche, les stratégies macro n’ont pas été à la fête: l’indice HFRI Macro a reculé de 0,4% en 2012, avec des pertes dans ses stratégies CTA (commodity trading advisors). «A l’heure actuelle, l’environnement pour les CTA est sans doute ce qui se fait de pire et la situation devrait pouvoir s’inverser rapidement», a expliqué Ken Hein, président de HFR, lors d’un point presse à Londres le 18 janvier.

La situation macroéconomique a aussi provoqué quelques modifications de comportements au sein de l’industrie. «On sent bien que l’éventualité d’une scission de la zone euro est maintenant dépassée, explique Ken Heinz. Au cours de ces trois derniers mois, les fonds ont lancé de nouvelles stratégies de crédits permettant un investissement en Italie ou en Espagne, avec des perspectives de rendement de l’ordre de 50 à 60%.» Les nouvelles conditions de concurrence dans l’univers des fonds alternatifs ont aussi introduit une modification dans la structure de rémunération: «à la différence des fonds traditionnels qui continuent à pratiquer une structure 2/20, les nouveaux entrants affichent, en moyenne, des taux de 1,6%-18% pour être plus compétitifs», estime Ken Heinz. Si les fonds de petite et moyenne taille restent en souffrance, la taille du secteur n’a guère évolué sur une année, avec un nombre de lancements et de liquidations quasi stable.

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