Les grands patrons gagnés par la peur du ralentissement économique mondial
L’étude annuelle de PwC, publiée à l’occasion de la réunion de Davos, révèle une perte de confiance sensible aux Etats-Unis et en Europe
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Benoît Menou
Comme de coutume, le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwVC) a publié à l’occasion de la tenue du sommet de Davos son enquête annuelle sondant l’humeur des dirigeants des grandes entreprises mondiales.
Le climat prévalant en l’occurrence au sein de cette onzième édition n’est pas au beau fixe. Pour la première fois depuis 2003, le moral des patrons accuse une détérioration. La faute en incombe aux craintes de ralentissement du rythme de croissance de l’économie à travers la planète. Un spectre qui a supplanté cette année les peurs relatives au terrorisme ou aux réglementations contraignantes en tant que principal facteur de risque pour la croissance des revenus des entreprises aux yeux de leurs dirigeants.
Au total, 1.150 entretiens ont été menés par PwC dans 50 pays entre septembre et novembre derniers. Soit avant que les craintes croissantes de récession aux Etats-Unis, et par ricochet dans le monde, ne viennent perturber à nouveau les marchés financiers en ce début d’année 2008. Mais déjà les répercussions de la crise du subprime, le dollar faible ou le pétrole cher étaient venus semer le trouble.
La moitié seulement des patrons interrogés se sont ainsi déclarés « très confiants » quant à la croissance de leurs bénéfices cette année, contre 52 % lors de la précédente étude. Surtout, la baisse de confiance a été prononcée aux Etats-Unis et en Europe. Pour le directeur général de PwC, Samuel DiPiazza, la relative euphorie observée l’an passé n’est plus, et « les directeurs généraux des marchés développés savent que nous sommes partis pour un parcours chaotique ». Ainsi, 36 % des patrons américains et 44 % de leurs homologues européens se sont dits très confiants, contre respectivement 54 % et 52 % un an auparavant.
A l’inverse, le sentiment positif des dirigeants des pays en voie de développement ne se dément pas. Au sein des deux locomotives économiques que sont l’Inde et la Chine, 90 % et 73 % des dirigeants ont affiché une grande confiance quant à l’évolution de leur activité en 2008. Signe d’une prudence certaine, 38 % contre 47 % des dirigeants ont indiqué projeter des opérations de croissance externe cette année hors de leur pays d’origine. Le PDG de Caterpillar, Jim Owens, place dans ce contexte la « vague de protectionnisme », tant en Europe qu’aux Etats-Unis d’ailleurs, comme un risque majeur pour la croissance.
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