Les grands argentiers planchent sur un plan de relance mondial
Alors que le Fonds monétaire international (FMI) a revu une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance, les grands argentiers ont décidé de lancer une «initiative mondiale pour les infrastructures». «Nos nouvelles stratégies de croissance permettront de dégager 1,8% de croissance supplémentaire pendant 5 ans», soit 2.000 milliards de dollars, a promis le gouverneur de la banque centrale d’Australie qui préside le G20, au sortir d’une réunion des ministres des finances qui se tenait vendredi, en marge de l’assemblée générale du FMI à Washington. . «La demande est là» et «nous avons besoin que le secteur privé participe car il y a du capital», a-t-il assuré. A Brisbane, le mois prochain, il dévoilera les détails d’un plan de «900 mesures», dont un «Global Infrastructure Hub» où investisseurs, opérateurs et gouvernements pourront «échanger leurs bonnes pratiques», affiner les modèles de partenariats public-privé et faire leur marché dans une liste de projets. L’objectif est de porter ce stimulus à 2% de PIB.
Cela fait écho à l’idée lancée le même jour par Jeroen Dijsselbloem d’un plan de croissance pour l’Europe, basé lui aussi sur une relance des investissements. «Certains disent: ‘faisons plus d’investissement’, d’autre ‘faisons plus de discipline budgétaire’, et les réformes structurelles se retrouvent abandonnées entre les deux. Si nous lions les trois, cela peut donner un mécanisme puissant», a déclaré le président de l’Eurogroupe à Reuters. Dans les semaines à venir, la Commission européenne et les ministres des finances vont tenter de dessiner cette voie médiane, au moment où le FMI estime entre 35 et 40% le risque d’une nouvelle récession dans la zone euro.
Pris à parti à cause de l’accumulation des excédents allemands, Wolfgang Schäuble s’est gardé de prendre des engagements. Le ministre des finances allemand reste sceptique sur l’efficacité d’une relance (lire aussi page 3). Il s’est interrogé sur les raisons de la baisse des prévisions: «Peut-être avons-nous surestimé le potentiel de production». L’impact des «risques géopolitiques» fournit «une partie de l’explication», a-t-il ajouté. Autant dire que Berlin va continuer à plaider pour une approche très pragmatique moins fondée sur un objectif de croissance que sur l’identification de besoins concrets dans le cadre du plan de 300 milliards d’euros d’investissement annoncé par le prochain président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.
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