Les gestionnaires grecs s’inquiètent des effets d’une restructuration de la dette
Alors que l’avenir de la dette grecque alimente les rumeurs ‑avec une participation volontaire du secteur privé à un rééchelonnement, évoquée hier à Berlin‑, des voix s’élèvent localement pour alerter sur les effets dévastateurs qu’aurait une restructuration rapide. Hier, les gestionnaires de fonds du pays ont mis en garde contre une telle procédure. «Pour le moment, une restructuration ne devrait pas et ne peut pas avoir lieu», a expliqué Aris Xenofos, le président de l’Association des gestionnaires helléniques dans un entretien à Bloomberg. «Cela aurait des effets dévastateurs sur l’économie grecque, et nuirait au reste de l’Union européenne et à l’euro», précise le patron de l’association qui regroupe 36 sociétés de gestion gérant au total 10 milliards d’euros.
Pour lui, mieux vaut patienter encore. «Nous avons besoin d’attendre au moins jusqu’au début de 2012 pour voir où nous en sommes, si l’économie donne des signes de reprise, et si nous avons besoin de discuter de scénarios plus sérieux portant sur une restructuration, sur ses conditions et sa nature», ajoute-t-il. Le pays devrait connaître sa troisième année consécutive de récession cette année. Le gouvernement prévoit une contraction de 3% de l’activité en 2011.
Pour autant, les gestionnaires de fonds grecs se veulent rassurants sur les conséquences qu’aurait une modification de la structure de la dette publique sur leur secteur. Toute restructuration de la dette grecque aurait un effet «limité» sur l’industrie de la gestion de fonds car un cadre juridique «très rigide» contraint les gérants à valoriser tous les titres au prix de marché, a assuré Aris Xenofos à Bloomberg. Le dirigeant évalue l’exposition des fonds monétaires locaux à 1,5 milliard d’euros.
Les risques générés par une restructuration rapide sont aussi pointés par les économistes. Outre son effet sur l’économie locale, elle pèserait sur le secteur financier européen. Or, comme les stress tests bancaires en cours de réalisation par l’Autorité bancaire européenne n’envisagent pas la possibilité d’un tel scénario sur la dette souveraine, une décision à brève échéance de restructurer la dette grecque décrédibiliserait ce nouvel examen, soulignaient les économistes de marché de BNP Paribas dans une note hier. Par ailleurs, «une restructuration pourrait provoquer une réaction en chaîne sur d’autres pays qui sont en train de procéder à des ajustements budgétaires», ajoutent-ils.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe. -
Le fondateur de BPEA Jean Salata prend la présidence d'EQT
Prévu de longue date, le passage de flambeau entre le fondateur Conni Jonsson et le patron d'EQT pour l'Asie, Jean Eric Salata, à la présidence du conseil d'administration a été validée lors de l'assemblée générale. Le patron de Schneider Electric fait par ailleurs son entrée au conseil. -
Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
Fannie Wurtz prend la direction du pôle clients du gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole tandis que Vincent Mortier supervisera le pôle investissements. -
Derrière l’engouement pour le PER, une attractivité à relativiser
Bercy annonce 12,9 millions de PER détenus fin 2025. Un chiffre qui confirme la prise de conscience de la nécessité de préparer sa retraite, mais qui interpelle au regard du faible nombre de Français pour qui ce produit a réellement du sens sur le plan fiscal.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique