Les gestionnaires d’actifs plaident pour un plan d'épargne retraite certifié par l’Union

Le lobby des fonds de pension et gestionnaires d’actifs veut profiter des travaux actuels de la Commission pour promouvoir un label européen
Solenn Poullennec

Les gestionnaires d’actifs militent pour le développement de plans d’épargne retraite au niveau européen. L’European Fund and Management Association (Efama) qui les représente compte bien peser dans les débats qui devraient s’ouvrir à Bruxelles cette année, à la fois sur les retraites via un livre blanc et sur les fonds de pension avec la révision de la directive Iorp.

Le développement de l’épargne retraite est d’autant plus urgent que d’ici à 50 ans, les régimes par répartition ne devraient pas offrir plus de 40% des salaires en moyenne, selon une étude présentée vendredi par le cabinet Debory Eres, en partenariat avec Carmignac Gestion (membre de l’Efama). Le cabinet estime le déficit d’épargne retraite à une à deux fois le PIB de l’Union (de 12.000 à 24.000 milliards d’euros).

Dans ce contexte, l’Efama plaide pour la création d’un plan d’épargne retraite paneuropéen officiellement certifié (Orcep en anglais). Ce compte individuel, devrait être flexible en termes de choix d’investissement et de liquidation. Il pourrait être commercialisé dans toute l’Union, par des banques, fonds de pension, gestionnaires et assureurs. Un Parisien pourrait ainsi travailler à Berlin tout en alimentant son compte épargne retraite ouvert en France.

L’Efama veut convaincre la Commission de généraliser ces plans d’épargne, alors qu’elle devrait publier un livre blanc sur les retraites en février (elle avait déjà publié un livre vert sur ce sujet en juillet 2010). D’après les pré-projets consultés par l’association, l’institution étudie d’ores et déjà l’idée d’une certification européenne pour les produits d’épargne individuelle.

Les fonds de pension devraient aussi aider à combler le déficit d’épargne retraite. Mais sur les 140.000 fonds, recensés dans l’Union par Debory Eres, seuls 10 sont véritablement multi-pays et «un protectionnisme existe qui vise à prévenir l’irruption de la concurrence dans les systèmes publics ou parapublics et à protéger les industries d’assurances ou de gestion d’actifs locales».

L’Efama compte tout de même favoriser le développement des fonds paneuropéens en limitant les contraintes administratives, à l’occasion de la révision de la directive Iorp. La Commission devrait présenter ses propositions cet été. Les travaux de l’Autorité européenne des assurances, Eiopa, qui propose un renforcement des fonds propres, déchaînent déjà les lobbies.

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