Les gérants surpondèrent le crédit corporate après un été calme
Un pas en avant, un pas en arrière. Les gérants du Panel Crédit, qui avaient sensiblement accru la part du cash dans leur portefeuille entre juin et juillet du fait des premières tensions sur l’obligataire, font le chemin inverse. La proportion de cash a été ramenée de 6,25% en juillet à 5,53% en septembre.
Quatre panélistes sont passés de neutre à surpondérer, position privilégiée par 12 des 21 gérants: Axa IM, M&G, Nordea et Schroders. Ces deux dernières gestions, qui avaient encore 7% de cash en juillet dans leur portefeuille, sont passées à zéro. Trois maisons françaises, qui surpondéraient le crédit corporate au début de l’été, optent en revanche pour une gestion plus prudente. La Banque Postale AM est revenue à une position neutre tout en conservant à 10% sa part de cash, l’une des plus élevées du Panel. Dexia AM et La Française AM souspondèrent désormais le crédit, la première ayant par ailleurs doublé à 9% le poids du cash dans son portefeuille.
La classe d’actifs a passé un été calme. L’indice cash IBoxx Corporate s’est encore resserré de 15 points de base par rapport à son niveau de 160 pb de fin juin. Il n’a quasiment pas réagi fin août aux tensions liées à la crise en Syrie (+2 pb), alors que les indices synthétiques iTraxx se sont davantage écartés. Le resserrement des spreads a permis d’absorber jusqu’à présent la hausse des taux de référence. Depuis le début de l’année, le crédit noté investment grade affiche encore un «total return» positif de 0,64%, et le high yield en euros de 3,51%, relèvent les stratégistes de la Société Générale.
Mais il n’en faudrait plus beaucoup pour que l’horizon s’assombrisse. «Les fonds de crédit investment grade ont été relativement épargnés par les retraits depuis mai et devraient donc rester vulnérables à une réévaluation des taux longs», estiment les stratégistes crédit de Deutsche Bank.
En attendant, le marché primaire est reparti sur les chapeaux de roue la semaine dernière après la trêve estivale. D’Areva à Schneider Electric, les entreprises non financières ont levé 8 milliards d’euros, avec une mention spéciale à Volkswagen qui a placé les premières obligations hybrides d’un constructeur automobile. Le marché du haut rendement, qui cumule déjà un record d’émissions de 43 milliards d’euros, doit encore se rouvrir.
Du côté des financières, le compartiment hybride s’anime. Après l’obligation additional tier 1 de la Société Générale, Crédit Agricole SA a mandaté des banques pour commencer cette semaine le marketing de titres de capital contingent. De catégorie tier 2, leur valeur serait automatiquement réduite à zéro si la solvabilité de la banque devait passer sous les 7%. Astuce de la transaction: CASA, l’organe central, émet les obligations, mais c’est le ratio de solvabilité du groupe Crédit Agricole, mieux capitalisé, qui sert de référence.
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