Les gérants institutionnels font face à une nette chute des appels d’offres
Cette baisse des volumes, à 13,5 milliards d’euros en 2011, s’explique par un recul des mandats obligataires, par nature de taille importante
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Virginie Deneuville
Les gérants institutionnels ont assisté à une nette contraction du volume des appels d’offres lancés en France en 2011. Après un niveau record enregistré en 2010, le volume des mandats de gestion remis en concurrence a chuté de 55% à 13,5 milliards d’euros, selon une étude bfinance. Le nombre des appels d’offres a reculé de 13,5% l’an passé. «Le recul des volumes s’explique par la structure des classes d’actifs demandées par les investisseurs», indique Emmanuel Léchère, responsable du département études au sein du cabinet.
Alors que 2010 avait été marqué par d’importants appels d’offres obligataires, notamment de la part du Fonds de réserve pour les retraites (FRR), les institutionnels français sont revenus en 2011 sur la gestion diversifiée et les actions. «Les mandats obligataires, qui composent la majeure partie des portefeuilles institutionnels français, sont par nature de taille nettement plus importante que ceux actions», explique Emmanuel Léchère.
La part des produits de taux au sein des appels d’offres est ainsi tombée à 20%, contre 76% en 2010. La part en gestion diversifiée est en revanche passée de 5% à 33%, marquée notamment par un appel d’offres de 3 milliards d’euros lancé par Novalis Taitbout. En outre, «les sociétés proposant une gestion diversifiée, une classe d’actifs que l’on donnait comme morte il y a dix ans, sont désormais mieux structurées», souligne Michel Haski, responsable de la clientèle institutionnelle pour la région EMEA chez bfinance.
La part des actions s’est établie à 24% en 2011, contre 6% l’année précédente, notamment grâce au FRR qui a remanié une grande partie de son portefeuille actions européennes pour un montant de 3 milliards d’euros. Malgré la refonte de son portefeuille, «le FRR a continué à animer le marché», indique Emmanuel Léchère, avec, au-delà des actions, un appel d’offres d’un milliard d’euros sur les matières premières. En 2011, le principal animateur des appels d’offres en France a toutefois représenté 30% des volumes remis en concurrence, contre environ 60% auparavant.
Concernant le palmarès des gestionnaires délégués, fruit d’une deuxième étude de bfinance, le classement reste globalement inchangé par rapport à 2010. Amundi conserve la tête du classement, avec 108 milliards d’euros d’encours, suivi par BNP Paribas Investment Partners (90 milliards) et Natixis Asset Management (84 milliards).
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