Les gérants du " Panel Crédit " investissent pleinement leurs fonds
La part de cash dans les portefeuilles est inférieure à 3 %. Les sociétés de gestion veulent profiter des opportunités qu’elles identifient sur le marché du crédit
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Violaine Le Gall
L’enthousiasme pour les obligations d’entreprises ne mollit pas. Les membres du Panel Crédit Agefi surpondèrent à présent à 73% la classe d’actifs. CM-CIC AM est le dernier gestionnaire en date à avoir renforcé son exposition au crédit. Il est passé ce mois-ci de neutre à surpondérer.
Les perspectives des gérants sur les spreads expliquent leur engouement. Ils sont 73% à anticiper un nouveau resserrement des marges sur le mois de novembre. Le marché du crédit pourrait donc continuer sur sa lancée. Depuis fin mars, l’indice cash iBoxx sur les non-financières s’est resserré, passant de 300 points de base (pb) à 116 pb. Après s’être stabilisé en septembre, il s’est à nouveau contracté de 14 pb le mois dernier. Le marché des dérivés de crédit, plus volatile, affiche également une performance positive. L’indice iTraxx Crossover, qui mesure le coût de la protection contre le risque de défaut des signatures les moins bien notées, s’est resserré de 63 pb en octobre.
Quelques gérants ont modifié leurs prévisions. CM-CIC AM l’a relevé de négative à positive et Swiss Life AM de neutre à positive. A l’inverse, Crédit Agricole AM et DWS Investments, jusqu’alors positifs, ont abaissé leurs perspectives à neutres.
Les gérants entendent aussi profiter d’un marché primaire encore actif. En octobre, environ 13 milliards d’euros ont été émis par des entreprises non financières et autant par des financières. Ces dernières semaines, des groupes classés dans la catégorie spéculative ou non notés se sont montrés particulièrement actifs. L’émission d’HeidelbergCement a été la plus marquante. Le cimentier allemand, noté «CCC», est parvenu à emprunter 2,5 milliards d’euros, un montant record pour une société high yield.
Mais les membres du Panel Crédit paraissent encore prudents sur les émetteurs qui n’appartiennent pas à la catégorie investissement. Seul JPMorgan AM privilégie les dettes notées moins de «BB». La recherche de rendement conduit cependant les gérants à s’intéresser à des titres notés «BBB», figurant dans le bas de la catégorie investissement. Elle les pousse aussi à miser sur des obligations de maturité plus longue. La duration moyenne a donc légèrement progressé, à 4,23%. Les fonds de Henderson Global Investors et de CCR AM affichent la duration la plus longue, à savoir 6%.
Dans le souci de profiter à plein des opportunités sur le marché du crédit, les membres du Panel investissent très largement leur portefeuille. La part de cash moyenne ressort à 2,72% contre 8% en janvier dernier, au milieu de la crise financière. Les liquidités sont même réduites à zéro chez CPR AM, Crédit Agricole AM, Groupama AM, LCF Edmond de Rothschild et Nordea.
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