Les gérants d’actifs peinent à retrouver leur rentabilité passée

Les bénéfices sont restés l’an passé de 20 à 30% inférieurs au niveau d’avant la crise en Amérique du Nord et en Europe occidentale, selon McKinsey
Virginie Deneuville

Le secteur de la gestion d’actifs peine à renouer avec son niveau de rentabilité d’avant crise. Si les actifs sont revenus à leur plus haut niveau (38.200 milliards d’euros en 2011, contre 38.100 milliards d’euros en 2007 au niveau mondial), les bénéfices enregistrés sont ainsi restés de 20 à 30% inférieurs au niveau de 2007 dans des zones telles que l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale, selon une étude mondiale sur le secteur réalisée par McKinsey.

«Les revenus se sont creusés en raison d’une évolution vers des produits plus standards, moins risqués et donc moins rémunérateurs, tandis que les coûts, contenus au début de la crise, sont repartis à la hausse. La marge sur encours, de l’ordre de 15-20 points de base (pb) en 2007, se situe désormais autour de 10 pb», explique à L’Agefi Pierre-Ignace Bernard, directeur associé chez McKinsey.

Par ailleurs, le segment de clientèle des particuliers, principaux contributeurs aux bénéfices du secteur (à hauteur de 70% historiquement en Europe) a été chahuté par la crise, révèle l’étude, qui repose sur un sondage réalisé auprès de plus de 300 gérants représentant environ 60% des encours du secteur.

Au niveau mondial, la part du portefeuille financier des ménages dans des fonds communs de placement a reculé de 16% à 12% entre 2004 et 2010. En Europe, où ce phénomène a été plus particulièrement marqué, les bénéfices générés par la clientèle des particuliers en 2011 se sont révélés inférieurs de 40% à ceux de 2007. Selon l’étude, cette contraction est appelée à se poursuivre: les profits générés par le secteur en Europe devraient atteindre 4 à 5 milliards d’euros, soit la moitié de ceux enregistrés en 2007 auprès des particuliers.

«L’un des défis pour les gérants est de préparer la reconquête de cette clientèle, échaudée par la crise, en reconstruisant une offre attractive et compréhensible. Un équilibre devrait à terme se retrouver», estime Pierre-Ignace Bernard. Selon le dirigeant, «les réseaux bancaires, qui sont les principaux distributeurs, devront à nouveau mettre en avant une offre d'épargne à long terme».

Parallèlement, «le succès se concentre de plus en plus sur un nombre réduit de sociétés de gestion. La part des bénéfices captée par les gérants du premier quartile est passée de 50 à 58% entre 2007 et 2011 en Europe. Elle devrait dépasser les 70% d’ici 2013», estime Pierre-Ignace Bernard.

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