Les Gafa plaident leur cause face à la taxe numérique
Alors que les grands acteurs de l’économie numérique se préparent à passer à partir d’aujourd’hui sur le grill du panel antitrust du Congrès américain, qui cherchera à déterminer s’ils abusent de leur position dominante, ils pourront en revanche défendre leurs intérêts face la taxe sur les entreprises du numérique («taxe Gafa») votée par le Parlement français début juillet.
Google, Facebook et Amazon, entre autres, seront en effet également auditionnés aujourd’hui par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) avant que Washington ne décide de l’opportunité de prendre des mesures de rétorsion commerciales contre la France. Le texte prévoit l’application rétroactive (au 1er janvier 2019) d’une taxe de 3% sur les revenus des sociétés réalisant un chiffre d’affaires sur leurs activités numériques d’au moins 750 millions d’euros au niveau mondial et supérieur à 25 millions dans l’Hexagone. Une trentaine d’acteurs sont concernés.
Au cours de l’audition devant l’USTR, les entreprises présenteront leurs doléances vis-à-vis de cette taxe. Selon leurs commentaires communs déposés auprès du représentant au commerce et largement repris dans la presse américaine, plusieurs sociétés, dont Airbnb, Amazon, Expedia, Facebook, Google, Microsoft et Twitter, estiment que la taxe «est injustifiée, dans la mesure où elle enfreint des accords internationaux, et démesurée, parce qu’elle est discriminatoire, rétroactive et incohérente à l’égard des principes internationaux de politique fiscale». Jennifer McCloskey, du Conseil de l’industrie technologique (CIT), lobby qui représente notamment les Gafa à proprement parler (Google, Amazon, Facebook et Apple), devrait déclarer aujourd’hui devant l’USTR que la réglementation française «constitue un précédent troublant» qui «pourrait affecter de manière disproportionnée les sociétés ayant leur siège aux Etats-Unis».
Pressions sur le Royaume-Uni
Toutes les sociétés potentiellement visées ont, ces dernières semaines, publié des commentaires hostiles à la taxe Gafa. Facebook estime qu’elle entrave son modèle économique. Pour tenter de faire pression sur la France, plusieurs entreprises expliquent que la mesure se retournera in fine contre le consommateur français. Le responsable de la politique fiscale d’Amazon, Peter Hiltz, indique ainsi dans une déposition écrite avoir notifié aux quelques 10.000 PME françaises qui vendent leurs produits via la plate-forme qu’ils verront certains frais augmenter de 3% à partir du 1er octobre. Il ajoute que les produits et services américains commercialisés via Amazon en France coûteront plus cher. De quoi illustrer l’accusation de discrimination de la taxe et – de ce fait – justifier politiquement d’éventuelles mesures de rétorsion.
Les auditions menées par l’USTR sont le résultat d’une demande d’enquête formulée par le président américain Donald Trump, qui agite notamment la menace de droits de douane sur des produits français, comme le vin.
Le principe de taxe Gafa ne concerne pas uniquement la France et elle est prise très au sérieux à Washington. Selon The Telegraph début août, des représentants de l’administration Trump ont menacé leurs homologues britanniques de ne pas signer d’accord de libre-échange avec le Royaume-Uni si son projet de taxe digitale était promulgué à l’automne. L’Autriche, l’Espagne et l’Italie étudient également l’opportunité d’une telle mesure.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDes signes de reprise pour les petites capitalisations européennes ?
Pendant une grande partie des cinq dernières années, les small caps européennes ont évolué dans le segment le plus délaissé du marché. L’année 2025 a effectivement marqué une cinquième année consécutive durant laquelle les petites entreprises européennes ont sous-performé par rapport à leurs homologues de grande capitalisation, une anomalie qui va à l’encontre de décennies de tendances de marché. -
Lauxera double de taille pour son deuxième fonds, clôturé à 520 millions d'euros
Validée par une première sortie record, la stratégie visant à accompagner les medtechs européennes dans leur expansion transatlantique permet au gérant basé à Paris et San Francisco de clôturer son fonds Lauxera Growth II au-delà du plafond de 500 millions. -
Indra cherche un nouveau directeur général
Le groupe de défense espagnol a annoncé qu'il ne renouvellerait pas le mandat de son directeur général, José Vicente de los Mozos. -
BNPP AM va créer 250 emplois
BNP Paribas Asset Management s’apprête à créer 250 emplois dans des domaines de « croissance stratégique ». Son directeur général, Sandro Pierri, a indiqué à Financial News que ces nouveaux recrutements interviendraient alors même que le groupe va supprimer 1.200 emplois après son acquisition d’Axa IM l’an dernier. -
EQT décroche la gestion du fonds Scaleup Europe
La société d'investissement suédoise pilotera le plus grand fonds deeptech jamais monté en Europe, dont les premiers investissements sont maintenant attendus à l'automne. -
Stellantis produira à partir de 2028 un nouveau véhicule électrique compact pour le marché européen
Le modèle, baptisé E-Car, sera produit en Italie. Le groupe s'apprête à présenter sa nouvelle feuille de route stratégique.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Hautes tensionsAllemagne : les attaques contre les représentants et militants politiques se sont envolées en 2025
Un gros tiers des infractions, et les deux tiers des violences physiques, ont visé le parti d'extrême droite AfD. -
L’affaire est dans le sac !
Parmi les placements atypiques, les sacs de luxe sont devenus des actifs qui peuvent atteindre des prix stratosphériques et entrent dans une stratégie d’investissement qui séduit de plus en plus. -
Le gouvernement veut fixer un âge minimum pour passer le bac
Le plus jeune candidat au baccalauréat 2026 a moins de 10 ans, a annoncé Edouard Geffray, mardi 19 mai. Le ministre de l'Education nationale « ne trouve pas ça souhaitable » et veut instaurer un âge « plancher » pour pouvoir se présenter à l'examen