Les fonds souverains réduisent leur exposition à la zone euro
Le chinois CIC a cédé ses dettes périphériques et ne serait pas acheteur d’euro-obligations. Il privilégie le non-coté et les investissements directs
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Alexandre Garabedian
Si la Banque centrale de Chine a donné hier un coup de pouce aux marchés européens (lire page 2), le fonds souverain du pays reste, lui, sur la défensive vis-à-vis de la zone euro. Lou Jiwei, le président de China Investment Corp (CIC), a indiqué dans un entretien au Wall Street Journal hier que le fonds se tenait à l’écart des dettes européennes et avait même réduit son exposition aux marchés d’actions et d’obligations.
«Il y a risque que la zone euro éclate, et ce risque est en train de croître», a estimé le dirigeant. CIC, qui gère 410 milliards de dollars, a vendu il y a longtemps les emprunts des pays périphériques de la zone euro qu’il détenait en portefeuille, sans réaliser de perte. Lou Jiwei ne précise pas quels sont les Etats concernés. Le dirigeant se montre par ailleurs sceptique sur la capacité de la région à émettre des euro-obligations, et n’est de toute façon pas disposé à en acheter. «Le risque est trop élevé, et la rentabilité trop faible», estime-t-il. L’exposition de CIC à l’Europe continentale passera donc prioritairement par le non-coté (private equity), un domaine où il vient de prendre un ticket dans un fonds d’A Capital, et par des investissements directs, notamment dans les infrastructures.
China Investment Corp n’est pas le seul fonds souverain à faire preuve de prudence vis-à-vis de la zone euro. Deux cas de figures se présentent. Des fonds encore jeunes, davantage investis sur l’Asie et sur le dollar comme CIC, peuvent rester à l’écart des actions et des obligations européennes. Ceux qui, historiquement, étaient davantage exposés à la zone euro, à l’image du fonds souverain norvégien, réduisent leur allocation dans une stratégie plus large de diversification des risques.
Norges Bank Investment Management, qui gère 610 milliards de dollars, a ainsi indiqué fin mars que s’il appliquait à la lettre sa nouvelle stratégie d’allocation, le poids de l’euro dans ses actifs devrait tomber de 50% à 27%. Le désengagement est plus progressif, mais néanmoins sensible. Dans la poche obligataire, les titres en euros sont passés de 43% à 39% entre fin décembre et fin mars. Le fonds norvégien se déleste de ses dettes périphériques, notamment italiennes (de 33 à 26,6 milliards de couronnes en un trimestre) et espagnoles (de 18 à 15,6 milliards).
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