Les fonds souverains des pays émergents attendus au chevet de la dette européenne
Les investisseurs de long terme des pays émergents, dont les fonds souverains constituent un maillon essentiel, viendront-ils jouer les pompiers en Europe ? Lundi, le Financial Times (FT) évoquait un appel à la rescousse lancé par l’Italie à la Chine. Rome aurait demandé à Pékin de réaliser d’importants achats de dette souveraine. Hier, c'était au tour du journal brésilien Valor Economico d’embrayer sur ce thème.
Les principaux pays émergents - les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) - ont entamé des discussions «préliminaires» et pourraient décider le 22 septembre à Washington de renforcer leurs avoirs obligataires en euros afin de soutenir les pays de la zone. Valor Economico précise que ces achats pourraient être limités à la dette des pays européens les plus solides. Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, a confirmé à la presse que le sujet de la crise de la dette en zone euro serait abordé la semaine prochaine par les Brics, sans livrer davantage de détails.
Dans une version synthétique de son rapport de stabilité financière, le Fonds monétaire international (FMI) souligne le rôle que peuvent jouer les fonds souverains et les banques centrales dans le contexte actuel. «Alors qu’une prise de conscience accrue du risque et que le développement d’initiatives réglementaires poussent les investisseurs privés à détenir des actifs «plus sûrs», les investisseurs souverains peuvent être amenés à prendre des risques à long terme que les investisseurs privés évitent désormais», explique l’institution de Washington.
«L’allocation d’actifs des souverains peut également contribuer à faire émerger une stabilité financière à long terme, notamment en compensant le comportement potentiellement déstabilisateur des investisseurs privés, tout particulièrement durant les crises», ajoute le rapport. Les investissements opportunistes consentis dans des établissements financiers durant la crise, parfois au prix de dépréciations à court terme, en ont déjà été l’illustration. Un contrepoids, certes relatif, mais qui bénéfice d’une force de frappe considérable. Les actifs de China Investment Corporation (fonds chargé de la gestion partielle des réserves de change de la banque centrale), que Rome aurait sollicité selon le FT, sont ainsi passés de 200 milliards de dollars fin 2007 à 409,6 milliards trois ans plus tard.
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