Les fonds monétaires ont anticipé la baisse des notes à court terme des banques

Ils ne pourront plus financer certains établissements dégradés, mais ces derniers profitent déjà, grâce à la LTRO, d’un financement bon marché
Violaine Le Gall

Mi-février, l’agence de notation Moody’s a placé sous surveillance les notes à court terme de 66 banques européennes et internationales en vue de dégradation. L’enjeu pourrait être de taille car des établissements risquent dans ce contexte de perdre l’accès au financement par les fonds monétaires, s’ils sont privés de la meilleure note à court terme, à savoir P-1.

Aux Etats-Unis, la réglementation «2a7» exige en effet que 97% des encours détenus par les fonds monétaires obtiennent la note maximum. En Europe, les fonds notés AAA, qui représentent environ 40% des encours des fonds monétaires, ont des règles comparables. Plus largement, l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) demande que les titres en portefeuille soient au moins notés P-2.

Trois banques américaines sont menacées de tomber à P-3 tandis que des banques suisses et de la zone euro risquent d'être rétrogradées dans la catégorie P-2. Les banques françaises, elles, tirent leur épingle du jeu puisque leurs notes à court terme ne sont pas menacées. Leur accès aux fonds monétaires n’est donc pas remis en question.

Les dégradations de Moody’s ne devraient toutefois pas avoir d’effets violents sur le secteur bancaire. «D’une part, les fonds monétaires ont anticipé ce risque et géré leur portefeuille en fonction», explique Richard Butler, responsable de l’analyse crédit chez Amundi. Les fonds américains ont d’ailleurs fortement réduit leur exposition aux banques européennes au second semestre 2011. «Il ne devrait donc pas y avoir de ventes forcées, sauf dégradation inattendue, ajoute-t-il. D’autre part, les banques elles-mêmes n’attendront pas la dégradation de leur note à court terme pour trouver des sources de financement alternatives.»

L’action de Moody’s prévue d’ici mi-mai se fera en outre dans un environnement porteur. «Les banques, notamment françaises, ont déjà profité d’une baisse de leurs coûts de financement sous l’effet de l’injection de liquidités à trois ans par la BCE, ajoute Thierry Darmon, responsable adjoint de la gestion taux euro et crédit chez Amundi. C’est également le cas pour les banques notées P-2. Compte tenu de cette dynamique et des liquidités importantes à la disposition des banques, les annonces de Moody’s ne devraient pas avoir d’impact majeur».

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