Les fonds monétaires américains restent réticents vis-à-vis des banques de la zone euro
Selon une étude de Fitch, ils ont réduit leur exposition de 72% aux établissements de la zone entre mai et décembre 2011
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Solenn Poullennec
Les fonds monétaires américains ont encore diminué leur exposition aux banques de la zone euro le mois dernier. Fin décembre, leurs investissements dans ces établissements avaient reculé de 16% en un mois et de 72% en 6 mois (en dollars), selon une étude de Fitch réalisée sur les dix plus grands véhicules. A la fin de 2011, les établissements financiers de la zone euro ne représentaient plus qu’environ 10% des actifs détenus par les fonds.
Pour les banques françaises, le retrait est encore plus spectaculaire. Fin décembre, les fonds américains avaient réduit leur exposition à ces dernières de 47% en un mois et de 94% en six mois. En revanche, l’exposition aux établissements australiens, canadiens et japonais a encore augmenté sur le mois. Cette catégorie représente désormais plus de 30% des actifs investis par les fonds américains contre 20% au printemps 2011.
Autre signe de défiance vis-à-vis de l’Europe: la proportion de repo (du financement sécurisé), même si elle a un peu diminué entre novembre et décembre, représente 24% du total de l’exposition aux banques de la zone. Cette part tournait autour 15% début 2011. Parmi les banques mondiales les plus dépendantes aux fonds monétaires américains, on compte la banque suédoise Svenska Handelsbanken, Credit Suisse, Rabobank, UBS et Barclays.
Selon les stratégistes de RBS, depuis le début 2012, les fonds monétaires reviennent tout de même investir sur des maturités supérieures à 1 mois pour bénéficier des rendements plus intéressants que ceux offerts par les titres d’Etat américains. Un mouvement qui bénéficie aussi aux banques européennes. RBS met cependant en garde contre tout excès d’optimisme. L’éventuel échec du programme d’échange de dette grecque pourrait déclencher un nouvel exode.
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