« Les fonds flexibles ont un attrait certain dans l’environnement actuel »
L’Agefi: Pourquoi renforcez-vous la poche actions au détriment de l’obligataire ?
Jean-Patrick Dubrun: La comparaison du couple risque-rendement offert aujourd’hui par les actions et les obligations fait apparaître une asymétrie marquée: les obligations d’Etat ont des taux historiquement bas et une nouvelle phase de baisse à partir des niveaux actuels ne serait justifiée que par une entrée en déflation des économies sous-jacentes. Ce n’est actuellement pas notre hypothèse centrale. Si l’indice des prix de détail est effectivement bas (0,8% en glissement annualisé pour l’indice des prix à la consommation de septembre hors alimentation et énergie), sa variation annuelle (4%) n’indique pas l’imminence d’une baisse généralisée des prix. En zone euro, s’il est vrai que la surévaluation de la devise accentue les pressions déflationnistes à l’œuvre dans l’économie, le niveau actuel des taux en tient déjà compte. Du côté des actions, quel que soit l’indicateur que l’on retienne, la valorisation n’est pas excessive et intègre le ralentissement en cours de la croissance économique mondiale.
Quel type d’actif alternatif privilégiez-vous actuellement ?
Les fonds flexibles ont un attrait certain dans l’environnement actuel, particulièrement fragile. Par ailleurs, les fonds «event driven» [situations spéciales] devraient bénéficier de l’augmentation du nombre d’opérations de croissance externe que nous anticipons en 2011. En effet, en pourcentage de la capitalisation, l’activité de M&A n’a jamais été aussi basse depuis 1994 alors que le free cash-flow des entreprises est élevé et la valorisation des actifs cotés particulièrement basse.
Plus d'articles du même thème
-
L'Agefi Actifs - Mai 2026
Tous les mois, Actifs, le magazine de la gestion de patrimoine de L’Agefi, donne la parole à un professionnel du secteur, décortique les sujets d’actualité à travers une grande enquête et des dossiers thématiques et esquisse le portrait d’une personnalité. Sans oublier nos précieux «Cas pratiques». -
Wall Street se prépare à accueillir ses nouvelles stars
SpaceX a déposé mercredi 20 mai son prospectus de cotation auprès du régulateur américain. Celui d'OpenAI est imminent, en attendant le projet d'Anthropic. Ces trois entreprises devront susciter l’intérêt des investisseurs avec des opérations presque simultanées, pour peu que l'engouement ne retombe pas. -
Le régulateur financier demande des moyens à la hauteur des défis qui l’attendent
François Villeroy de Galhau, gouverneur sortant de la Banque de France, a profité du traditionnel rapport annuel de l’Autorité de contrôle pour dresser le bilan d’une décennie de régulation et surtout formuler ses vœux pour l’avenir de la supervision bancaire et assurantielle. -
Le marché high yield ne connaît pas la crise
Les émetteurs haut rendement ont afflué ces dernières semaines sur le marché primaire, soutenus par la forte demande pour le rendement. Certains craignent néanmoins une trop grande complaisance. -
L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe. -
Vinfast a décidé de transformer son modèle économique
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Serrer les dentsAides carburant et économies : jusqu'où Lecornu peut-il tenir ?
Maintenant qu'il a repoussé la sortie de crise au-delà de l'été, au mieux, le Premier ministre s'engage dans une course de fond sans moyen financier, diminué par le faible nombre d'alliés et plombé par le contexte économique -
Ligne de crêteSébastien Lecornu entre volonté de soutenir l'activité et refus du « quoi qu'il en coûte »
En annonçant l'élargissement des aides pour une période de trois mois supplémentaires, Sébastien Lecornu a promis qu'il ne proposerait aucune augmentation d'impôt dans son projet de budget 2027 -
PénuriesLFI et le RN votent ensemble pour priver la France de riz, de chocolat, de fruits et de légumes
Mercredi en séance publique, les députés des deux extrêmes ont voté conjointement un amendement à la loi agricole pour interdire toute importation de produits ayant utilisé un phytosanitaire non homologué en France. Ce qui peut priver notre pays d'une partie de sa nourriture