Pour la première fois depuis son existence, le forum économique mondial s’est penché sur le brûlant sujet des fonds souverains
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Tân Le Quang
Actualité oblige, la thématique des fonds souverains est en vedette au forum économique mondial de Davos, en Suisse.Leur montée en puissance en 2007 avait suscité des craintes de la part des milieux politiques dans certains pays, qui ont appelé en retour des contrôles de leurs investissements. Les gérants de ces fonds ont profité du forum pour accuser les riches nations de les considérer comme une menace potentielle, estimant qu’il n’y a aucune preuve d’intention de déstabilisation de l’économie mondiale.
« C’est comme si les fonds d’Etat étaient coupables avant que leur innocence soit prouvée », a lancé hier Mohamed Al-Jasser, vice gouverneur de l’Agence monétaire d’Arabie saoudite. Kuwait Investment Authority, le fonds du Koweit qui a injecté 5 milliards de dollars dans Citi et Merrill Lynch, a souligné que le fonds ne recherchait que des opportunités d’investissement pures sans intérêt politique. Le ministre des Finances russe Alexei Kudrin a appelé les pays à identifier les menaces potentielles avant de mettre en place des règles. « Il y a des discussions pour savoir s’il y aura des restrictions pour ces fonds. Je ne supporte pas ces craintes. Les tentatives de limitation des investissements des fonds apporte plus de risques que les fonds eux-mêmes », a-t-il lancé.
Mais les critiques persistent. L’ancien secrétaire du Trésor américain, Lawrence Summers, a déclaré que les fonds soulevaient des questions de gouvernance d’entreprise et diverses craintes telles que l’abus potentiel d’influence politique. Si le président américain George Bush a spécifié que les investissements étrangers étaient bienvenus aux Etats-Unis, il a toutefois émis une ordonnance visant à clarifier les procédures afin d’instaurer une loi renforçant la sécurité nationale pour les opérations étrangères.
Certains tentent de calmer le jeu. « Au stade actuel, le sujet avec les fonds souverains se limite aux rendements plus élevés qu’ils génèrent sans que cela ne cause de controverse politique, a tempéré le vice-secrétaire au Trésor américain Robert Kimmitt, maisleur rapide croissance demande une certaine vigilance ». Le ministre des Finances norvégien Kristin Halversen, a appelé à l’instauration d’un code de conduite pour ces acteurs afin d'éviter l’opposition politique. Le fonds norvégien pesant 380 milliards de dollars est le seul à détailler ses investissements.
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